Un pari risqué

Eh donc, une frange de l’opposition prévoit de se manifester ce jeudi. En toile de fond, les problèmes liés à l’approvisionnement en eau et en électricité dans la capitale. Ces derniers temps, le délestage quotidien est revenu en force avec, chaque jour, une liste de localités concernées qui circule comme un bulletin météorologique. Il arrive que l’électricité ne marche que deux ou trois heures par jour. Certaines zones n’ont plus accès à l’eau depuis belle lurette.
Dans ce climat de lassitude, une partie de l’opposition veut saisir « l’occasion » pour se faire entendre, en évoquant notamment le cas du Népal. Un petit pays coincé entre l’Inde et la Chine, où des manifestations ont récemment éclaté et où le Premier ministre a dû démissionner après avoir tenté de bloquer les réseaux sociaux.
C’est justement dans ce contexte qu’on attend des prises de responsabilité claires. Les dirigeants de la compagnie d’eau et de l’électricité ont annoncé de nouvelles mesures. Mais annoncer ne suffit plus, il faut également expliquer et, surtout, convaincre. La communication, dans ce cas, est presque aussi vitale que la fourniture elle-même, car elle permet de calmer les esprits et instaurer un climat de confiance.
Cela dit, le pays n’a pas vraiment les moyens de se relever d’une crise sociale ou politique majeure. Les financements pour les projets de développement sont déjà difficiles à mobiliser, car chaque pays traverse ses propres turbulences économiques, et la solidarité internationale se fait plus conditionnelle, plus sélective. Dans un monde secoué par les crises, les partenaires exigent des garanties, des réformes, un minimum de stabilité politique. Autrement dit, Madagascar ne peut pas se permettre de retomber dans l’instabilité. Dans le contexte actuel, où chaque investissement se négocie à prix d’efforts et de réformes, l’affrontement dans la rue est un pari dangereux. Il suffit de revoir les livres d’histoire politique du pays pour le comprendre.

Rakoto

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