La vie continue

Quoique les manifestations bruyantes accompagnées des in­lassables détonations assourdissantes des gre­nades lacrymogènes uti­lisées par les forces de l’ordre n’aient pas en­core pris fin, la vie dans la Capitale reprend petit à petit son cours normal. Toujours est-il que dire « reprendre son cours normal » se­rait déplacé.

Effectivement, il se­rait plus juste de dire que l’on vit au ralenti. Du côté d’Analakely, par exemple, ce sont les vendeurs de rue qui occupent la place pour se disputer les rares clients qui s’y aventurent. Ces derniers sont peu nombreux à cause des perturbations au niveau des transports publics. De plus, on n’est jamais à l’abri d’un quelconque débordement de foule.

Comme l’organisation mise en place en matière de transport urbain interdit toute circulation à partir d’Andohan’Ana­lakely jusqu’à la gare, les bus et les taxis sont obligés de stationner relativement loin du centre de la ville. Ce qui oblige les gens à faire un bout de chemin à pied. Ce qui n’est pas toujours prati­que pour tout le monde.

Sur l’Avenue de l’indépendance, toutes les boutiques ont fermé leurs portes. Rien de plus normal quand on s’aperçoit que la circu­lation y est complètement interdite, même pour les piétons. Ce ne sont pas quand même les éléments des forces de l’ordre qui y sont stationnés qui vont remplacer les clients.

Il en est de même pour les magasins qui sont situés le long des rues qui sont parallèles
à l’Avenue principale. Presque tous sont fermés. Heureusement, en termes d’animation, la grande surface qui s’y trouve a de nouveau ouvert ses portes. Tout le monde en a profité pour se réapprovisionner en biens essentiels.

Si certains établissements scolaires ont décidé de reprendre les cours (Saint-Michel, …), d’autres, pour une raison ou une autre, ont décidé de les suspendre (lycée J.J. Rabearivelo,…). Pour ceux qui ont des enfants en bas âge, il faut obli­gatoirement aller les accueil­lir à la sortie de l’école. Et c’est toute une histoire.
On ne sait jamais ce qui peut se passer. Et l’utilisation soutenue de grenades lacrymogènes par les forces de l’ordre contre les manifestants n’est pas de nature à faciliter cette obligation. Les grenades ou plutôt ceux qui les utilisent, ne font pas de distinction entre manifestants et simples passants.

Pour toutes ces raisons, on voit moins d’éco­liers dans les rues. Les parents préfèrent ne pas faire prendre de risque à leur progéniture. Une décision tout à fait hu­maine. Mais malgré toutes ces perturbations et quoique personne ne saurait prédire combien de temps encore cette situation perdurera, tout ce qu’on peut dire est que la vie continue.

Ranaivo Lala Honoré

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