Face à la recrudescence continue des violences impliquant des enfants durant les manifestations de ces derniers jours, la Plateforme de la société civile pour l’enfance (PFSCE) appelle à une réaction immédiate des autorités pour que justice soit rendue.
La PFSCE revient sur la charge. Après une déclaration ferme rendue publique le 29 septembre, la PFSCE, qui regroupe 66 organisations œuvrant pour la protection des droits de l’enfant à Madagascar, tire une nouvelle fois la sonnette d’alarme : des enfants sont blessés, asphyxiés, traumatisés… parfois même tués, dans un contexte national marqué par des tensions sociales croissantes.
Dans ce sens, cette plateforme de la société civile interpelle les autorités et exige l’ouverture d’enquêtes sur chaque cas où des enfants ont été touchés, directement ou indirectement, par des actes de violence ou par l’usage disproportionné de la force, notamment dans les lieux publics et à proximité des zones sensibles telles que les écoles ou les habitations. « Nous ne pouvons plus rester silencieux. Chaque blessure, chaque mort d’un enfant est une blessure faite à notre société tout entière », a déclaré hier la plateforme dans un second communiqué sur le sujet.
Des droits fondamentaux bafoués
La PFSCE déplore une situation alarmante : l’exposition croissante des enfants aux violences dans l’espace public, en particulier lors des manifestations. Des cas d’enfants touchés par des gaz lacrymogènes, de traumatismes psychologiques sévères, ou encore d’interruptions scolaires sont régulièrement rapportés.
Selon la plateforme, cette réalité constitue une atteinte directe aux droits fondamentaux des enfants garantis par la Constitution malgache et les conventions internationales ratifiées par Madagascar, notamment : le droit à la protection contre toute forme de violence, le droit à la santé, le droit à l’éducation, et le droit à la vie, tout simplement.
Une responsabilité partagée
Sans minimiser la responsabilité de l’Etat, la PFSCE s’adresse également aux parents et aux adultes responsables. Elle les exhorte à ne pas amener les enfants dans des zones de troubles ou de manifestations, soulignant les risques physiques et psychologiques auxquels ils les exposent.
Elle appelle par ailleurs les forces de l’ordre à faire preuve de retenue, notamment en évitant l’utilisation de gaz lacrymogènes à proximité des lieux sensibles, et demande à ce que des sanctions soient prises en cas de comportements répréhensibles.
Mais au-delà des appels à la prudence et à la responsabilité, c’est la question de la justice qui est désormais posée. La PFSCE réclame que les cas d’enfants blessés ou tués fassent l’objet d’enquêtes sérieuses, transparentes, et que les auteurs soient poursuivis conformément à la loi. En parallèle, elle appelle l’État à assurer une prise en charge médicale et psychologique appropriée pour les enfants victimes des événements récents.
Fahranarison




