Invité sur le plateau de TV5 Monde jeudi, Patrick Rajoelina, conseiller spécial du président Andry Rajoelina et ancien ministre des Affaires étrangères, a clairement fait savoir que le président n’a pas l’intention de démissionner. « Je plagierais le général de Gaulle, il ne se retirera pas », a-t-il affirmé.
Selon Patrick Rajoelina, un éventuel retrait du président de la République, devrait respecter un certain nombre de procédures constitutionnelles, mais ces hypothèses semblent « hors de propos ». De préciser que le président en concertation avec l’Assemblée nationale et le Sénat, réfléchit actuellement à la nomination d’un Premier ministre.
Patrick Rajoelina a reconnu la légitimité des revendications populaires, notamment relatives aux questions importantes telles que l’eau, l’électricité et le système éducatif… Il a rappelé que le président est ouvert au dialogue national pour apporter des réponses adaptées à ces demandes.
« Les revendications sont claires mais elles doivent être exprimées et le chef de l’Etat doit y répondre », a-t-il avancé. Il a souligné que « ce n’est pas une question de répression » mais que les revendications doivent être clairement exprimées. « Nous comprenons ce ras-le-bol de la génération Z, des victimes de délestage et de manque d’eau », a-t-il indiqué.
Le conseiller a rappelé les efforts continus entrepris par le gouvernement, face à l’obsolescence des infrastructures depuis 1960, citant comme exemple la vétusté des réseaux de distribution d’eau, qui n’avaient jamais fait l’objet de rénovation, incapables de satisfaire les besoins de la population dont le nombre dépasse actuellement les 3 millions d’habitants dans la capitale.
« On ne remet pas un pays sur pied en quelques années seulement, il y a un certain délai nécessaire », a mentionné Patrick Rajoelina.
« Nous avançons à notre rythme »
Dans la conjoncture actuelle, Patrick Rajoelina a expliqué que les grandes entreprises malgaches jouent un rôle important, tandis que la politique doit fluidifier la vie démocratique. Il a dénoncé que 80% de la presse sont “hostile” à l’Etat.
« Malgré un contexte de pauvreté et de revenus faibles, nous réalisons des efforts importants en infrastructures, universités, écoles, routes, avec 80 km de routes construites sans bitume (…) Nous avançons à notre rythme » a-t-il souligné, évoquant au passage des projets importants comme le téléphérique d’Antananarivo.
Démenti
Concernant le nombre de décès recensés depuis le début des manifestations, Patrick Rajoelina a formellement démenti les chiffres avancés par les Nations unies, faisant état de 22 morts.
Selon lui, ces données n’ont fait l’objet d’aucune vérification officielle et ne correspondent à aucune information validée par les institutions médicales ou ONG locales. La mission malgache à Genève a demandé des explications à l’ONU qui reste pour l’heure sans réponse.
Enfin, il reconnait que des violences ont été commises, tout en rappelant que les manifestations sont autorisées par la Constitution, en respect avec la loi.
F.M




