Observé en général à partir du mois de juillet jusqu’en octobre, la période du retournement des morts ou «Famadihana» se trouve actuellement à sa dernière ligne droite, notamment sur les hautes terres. «Comme on se trouve en pleine période de la lune montante, les retardataires ont au plus tard jusqu’à mardi pour la pratique de cette tradition funéraire», a confié Radadafara, un des pratiquants de ce rite funéraire dont la famille sera en pleine «Famadihana» ce weekend à Alakamisy Fenoarivo, du district d’Atsimondrano. A lui de rappeler ensuite que ce rite funéraire est en général réalisé tous les sept ans sur les Hautes terres. «Avec le rythme de vie que nous menons actuellement, c’est le seul moment de retrouvailles et de communion familiale pour consolider les liens. C’est également le moment de rencontre pour la nouvelle génération», a-t-il souligné.
Selon les maires de quelques communes du district d’Atsimondrano, trois à six «Famadihana» ont eu lieu ce weekend dans leurs circonscriptions, contre une dizaine au moins durant le mois de septembre.
Un placement sûr
Le «Famadihana» est considéré comme un rituel de placement sûr, en particulier en milieu rural de certaines régions des Hautes terres.
En effet, comme sa réalisation engage une dépense considérable, les invités y prennent part en donnant leur quote-part dénommé «Kao-drazana». Et c’est à ce moment-là qu’entre le principe d’«Hatero k’alao», littéralement donner et reprendre. Lorsqu’arrive le tour de l’exhumation de la famille invitée, il lui faut rendre la quote-part à laquelle elle avait contribué auparavant, mais cela toujours avec un surplus. Dans la plupart des cas, ce surplus est au moins de 10 à 20%. Par exemple, si une famille invitée avait donné 100.000 ariarys de quote-part, elle le reprendra à 120.000 ariarys lorsque son tour d’exhumation viendra. Dans certaines régions, ce surplus va jusqu’à 50%. De ce fait, le «Famadihana» est une sorte de placement pour la famille invitée. Le fait de ne pas s’acquitter de cet «Hatero k’alao», met la famille audacieuse au ban de la société s’il lui arrive quoi que ce soit. Elle sera de ce fait bannie à jamais par ses concitoyens.
Sera R.




