Une mesure d’exception

Le réajustement mensuel des prix à la pompe à Madagascar a été effectif le dimanche 05 octobre 2025. Comme on le sait, ce réajustement in­tervient dans le cadre de la révision mensuelle des prix du carburant suivant un mécanisme de fixation automatique des prix.
Ce mécanisme serait fondé sur la base de l’évolution des cours mondiaux du pétrole et du taux de change de l’ariary. Globalement, on pourra remarquer une légère baisse du prix du litre de l’essence et au contraire une hausse notable des prix du gasoil et du pétrole lampant.
En effet, le prix du litre de l’essence qui est aujourd’hui à 5 060 ariary accuse une baisse de 30 ariary par rapport au précédent prix. Quant au gasoil (aujourd’hui à 4 700 ariary le litre) présente une hausse de 170 ariary par litre. Enfin pour le pétrole, la hausse est de 90 ariary par litre avec un prix fixé à 3 470 le litre.
Le premier constat qu’on peut tirer est que le total des hausses sur le gasoil et le pétrole lampant combinées (260 ari­ary) dépasse largement la baisse sur l’essence (30 ariary). Autrement dit, les distributeurs de produits pétroliers ont bénéficié plus de la hausse que de la baisse des prix. Généralement, cela a toujours été le cas depuis la mise en place du mé­canisme.
D’autant plus que ce profit est boosté par la quantité de carburant vendu selon leur type. A Madagascar, d’aucuns ignorent que le gasoil constitue le principal carburant consommé par les différents utilisateurs, no­tamment par les trans­porteurs et les industries. Or, c’est le carburant qui a enregistré la hausse la plus sensible.
Cette hausse pourrait amener les professionnels (transporteurs de marchan­dises et de voyageurs en particulier) à réviser leurs prix. Et le cas échéant, cela aura un impact sur le prix des produits au niveau des marchés. Cela se traduira par une inflation dont les consommateurs finaux en supporteront les conséquences.
On ne peut pas manquer de faire une re­mar­que sur la hausse continue du prix du pétrole lampant. Cela signifierait que la vérité des prix de ce produit n’est pas encore atteinte. Ainsi, le prix de ce produit continuera à grimper pendant les prochains mois.
Certes, la hausse mensuelle qui porte sur le prix du pétrole lampant est relativement bas comparée à celle du gasoil. Mais toujours est-il que c’est la principale source d’énergie utilisée en mi­lieu rural. Or, la grande majorité de la population qui y vit a un pouvoir d’achat très limité.
De ce fait, la moindre hausse de prix, aussi mi­nime soit-elle, aura toujours un impact négatif sur leur budget. Et com­me c’est un produit essen­tiel pour cette population, elle ne peut pas s’abstenir d’en consommer. Pour cette raison, la fixation du prix du pétrole lampant doit faire l’objet d’une mesure d’exception.

 

 

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