Maminiaina Ravatomanga: « Il est facile d’accuser gratuitement »

Le nom du président directeur général du groupe Sodiat, Maminiaina Ravatomanga, fait partie de ceux qui reviennent le plus dans la crise actuelle. Au cours d’une émission télévisée, il a tenu à répondre, pratiquement point par point, aux maux qui lui sont imputés. Des accusations gratuites et infondées, a-t-il indiqué.

Les manifestants ont dorénavant entamé leur deuxième semaine de revendications, des revendications liées à des demandes émanant de la société, estime Maminiaina Ravatomanga. « C’est un constat : il y a des délestages et des lacunes dans l’approvisionnement en eau. En revanche, je ne suis pas du même avis avec ceux qui veulent initier des pillages et fomenter un coup d’Etat. D’autant que le chef de l’Etat a déjà avancé un certain nombre de mesures », souligne-t-il.

Mais depuis le début de cette crise, l’entrepreneur est sans cesse cité comme étant toujours dans les mauvais coups. « Il est facile d’accuser gratuitement. Il y a une campagne menée contre le pouvoir. Ils estiment que je suis proche du président et c’est sans doute pour cela que je suis la cible de ces attaques. Mais il faut apporter des preuves de ce que l’on avance », a-t-il soutenu.

Diabolisation

Parmi ces charges dont il fait l’objet figure notamment le fait qu’il aurait intégré des milices dans les rangs des forces de l’ordre qui gèrent les manifestations actuelles. « Je réfute ces affirmations. C’est bien là le problème : on diffuse de fausses informations, on diabolise mon nom et celui de mes entreprises, et nous tombons dans le piège. Je n’ai jamais fourni des ressources humaines, encore moins des moyens matériels ou financiers et d’ailleurs, la protection des personnes et des biens est du ressort de l’Etat », répond-il.

Maminiaina Ravatoman­ga est d’ailleurs revenu sur Madagascar security agency (MSA), entreprise de formation technique et professionnelle faisant partie du groupe Sodiat et accusée de former des milices. D’après lui, « Le groupe opère notamment dans la sûreté aéroportuaire et l’hôtellerie. Tout cela a fait naître un besoin en matière de sécurité et, dans une logique d’intégration, nous avons décidé de mettre en place un centre de formation. Notre établissement dispose des agréments nécessaires en restauration et tourisme, sécurité, ainsi qu’en sûreté aéroportuaire. J’invite tout le monde à venir voir de quoi il retourne exactement, mais il n’est en aucun cas question de former des milices ».
D’ailleurs, le PDG a fait savoir que son groupe a aussi failli subir le même sort que de nombreuses entreprises depuis le 25 septembre dernier, pour citer le cas de la Polyclinique d’Ila­fy, ou encore Pradon. « Il y a eu plusieurs tentatives de pillages mais nous avons pris des dispositions et puis, bon nombre de nos collaborateurs se sont portés volontaires pour organiser des tours de garde », révèle-t-il.

Dans tous les cas, Mami­niaina Ravatomanga note qu’il est un contribuable et un justiciable tout comme ses concitoyens. A ce titre, il rappelle que sous l’ancien régime HVM, il a subi des enquêtes pour fraude fiscale et blanchiment d’argent, 5 années durant, notamment du procureur du Parquet national financier français, ayant débouché à un classement sans suite au bout de 7 ans. « Je suis prêt à consentir à un audit de mes entreprises si besoin est. Mais il faut savoir que mon commissaire au compte est le cabinet de l’ancien président Hery Rajaonarimampia­nina. Si quelque chose clochait, cela se serait déjà su », poursuit-il.

De toute manière, lui d’indiquer que ses entreprises font l’objet chaque année d’un redressement fiscal, les comptes devant être audités et certifiés pour l’obtention d’une attestation de régularité fiscale, comme l’exigent les banques.

Plaintes

En outre, avant de devenir tour à tour Consul de la Serbie, puis de la Cote d’Ivoire, il a fait l’objet de près de deux années d’enquête menée par des émissaires dépêchés par ces pays. « M’auraient-ils nommé si je trempais dans des trafics de bois de rose par exemple, ou faisais partie d’une mafia ? », pose-t-il.

Du reste, pour ce qui est des accusations de « corruption ou de pressions en matière de marchés publics, pour la prise en charge médical des fonctionnaires auprès de la Polyclinique d’Ilafy, au niveau de la Jirama, ou encore de la Douane, l’intervenant rétor­que que « C’est ce que l’on veut faire croire aux gens. J’appelle ceux qui ont des preuves à porter plainte, même à l’étranger ». En tout cas, lui n’a pas attendu et a indiqué avoir porté plainte, à Madagascar et à l’étranger, pour les injures et diffamations qu’il a subies.

Enfin, interrogé quant à sa relation avec le chef de l’Etat et son avis sur la situation politique actuelle, le PDG du groupe Sodiat souligne qu’ « Il n’y a aucun problème avec le président de la République. Et c’est peut-être ce que recherchent certains politiciens, des Malgaches de l’étranger et certains pro-régime : semer la discorde entre nous ». Mais, poursuit-il, « la dissolution du gouvernement répond en partie aux demandes des manifestants et ce qui importe maintenant est de terminer le mandat. Est-il légitime de demander le départ du président ? Ce dernier a déjà admis qu’il y a eu des défaillances et qu’il prendra ses responsabilités pour rectifier le tir. Quoi qu’il arrive, le dialogue doit primer », a-t-il avancé.

N.R.

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