Depuis que l’eau d’irrigation se fait rare à cause du changement climatique, des riziculteurs de la plaine d’Antananarivo ont choisi de faire de la briqueterie une deuxième activité auprès de leurs rizières, notamment durant la saison sèche. A cette approche de la saison de pluie, qui s’est déjà manifestée au début de cette semaine, ce genre d’activité se trouve actuellement à sa dernière ligne droite où une certaine braderie de prix est observée. D’autant plus que les clients se font de plus en plus rares, sans parler de la crise sociopolitique actuelle.
Du côté de la plaine d’Alakamisy Fenoarivo, une brique se vend entre 80 et 85 ariary la pièce contre 100 à 120 ariary, il y a quelques semaines de cela. Ce prix varie selon la qualité et le nombre de briques achetés (à partir de 10.000 pièces) ainsi que l’éloignement du four et le moyen de transport utilisé, à dos d’homme ou par charrette, pour joindre la route principale la plus proche. En général le prix du transport varie entre 20 ariary et 30 ariary par pièce.
La main d’œuvre à 20 ariary la pièce
Selon les témoignages d’un briquetier, du côté d’Alakamisy Fenoarivo, la main-d’œuvre pour la préparation et la cuisson de 10.000 briques est de 20 ariary par pièce. A cela s’ajoutent les 3 charrettes de son de riz à 20.000 ariary la charretée, ainsi que les petites dépenses dont le repas des ouvriers à midi. Donnant un total de la dépense s’élevant à environ 280.000 ariary.
Si les briques sont vendues à 80 ariary la pièce sur place, cela permet d’obtenir une recette de 800.000 ariary, dégageant ainsi à peu près un bénéfice de 520.000 ariary par cuisson.
Plus rentable que la culture d’intersaison
Si on a l’habitude de voir en cette période d’intersaison des cultures substantielles comme les pommes de terre et les haricots auprès des rizières, cette pratique a été transformée par certains riziculteurs en manufacture de briqueterie artisanale dans la plaine d’Antananarivo. « Une activité plus rentable et à moindre effort par rapport aux cultures d’intersaison », témoignent ces riziculteurs qui n’hésitent pas à louer temporairement leurs rizières en cas d’impossibilité de la pratiquer durant la période sèche, c’est-à-dire après la moisson du riz « Vakiambiaty » ou riz de la deuxième saison.
Sera R.




