Mercredi des idées en goguette: Toujours dans l’art de la débrouillardise !

A peine les grandes vacances terminées, voilà que les élèves ont de nouveau fait leurs valises, direction la maison. Et ce, à cause de la grève et les manifestations qui pa­ralysent la capitale. Depuis deux semaines, les portes de nom­breuses écoles restent closes au grand désarroi des parents qui
ne savent plus à quel saint se vouer. Faute de sécurité, plusieurs directions ont préfé­ré mettre entre parenthèses les cours, surtout pour les plus petits. Et comme toujours, face aux imprévus, les Malgaches ont su faire preuve d’ingéniosité.

Car pendant que les rues s’animent de slogans et de cortèges, les réseaux sociaux, eux, s’animent d’une autre effervescence, celle des offres de soutien scolaire à domicile. Les pub­lications fleurissent pour attirer les parents pris de court par la sus­pension des cours. Et ces promesses tombent à pic mais c’est aussi une dépense en plus aussi.

Ainsi, un nouveau marché informel s’est formé, presque naturellement. Du côté des répétiteurs, la deman­de explose. Certains y voient même une véritable opportunité professionnelle car le prix varie selon le niveau et la matière à enseigner. L’école à domicile de­vient ainsi une alternative de fortune mais aussi un petit business florissant.
Certains parents, pour ceux qui en ont le temps, ont aussi opté pour l’enseignement de leur enfant à domicile. Dans les salons transformés en salles de classe, entre le bruit de la marmite et les devoirs de conjugaison, la vie continue. Les enfants, eux, s’habituent vite à ce nouveau rythme. Et si certains parents rê­vent d’un retour rapide à la normale, d’autres se prennent au jeu.

A quelque chose, malheur est bon, com­me on dit. Car, entre crise et créativité, l’école malgache prouve encore une fois sa capacité à rebondir. Pendant que que les tableaux noirs restent muets, les tables de cuisine font office de pupitre. Une chose est sûre : chez nous, l’éducation ne s’arrête jamais vraiment. Elle change juste de décor, au gré des aléas du pays. Mais vivement que cela se termine et que tous les protagonistes trouvent une entente face à cette si­tuation qui ne peut plus durer. Certes, pour le moment, tout le monde tente de s’adapter, mais tôt ou tard, le ras-le-bol se fera sentir.

Et quand la cloche sonnera enfin la reprise, il faudra sans doute plus qu’un simple re­tour en classe, il faudra redonner confiance à la fois aux élèves, aux en­seignants et aux pa­rents pour que cette école malmenée retrouve tou­te sa place, celle d’un vrai lieu de savoir.

Rakoto

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