Cambodge: 21 Malgaches victimes d’un réseau de traite des êtres humains

Victimes d’une fausse promesse embauche au Cambodge, 21 jeunes Malgaches ont été réduits à l’esclavage numérique. Aujourd’hui, ils appellent à l’aide depuis un commissariat cambodgien, à bout de forces et sans ressource.

Une vingtaine de Mal­ga­ches ont vécu l’enfer au Cambodge. At­tirés par une promesse d’emploi à l’étranger, 24 ressortissants ont quitté Madagascar avec l’espoir d’un avenir meil­leur. Mais derrière cette op­portunité se cachait un piège bien huilé. Un réseau de traite des êtres humains les attendait à leur arrivée au Cam­bodge. Leurs passeports et effets personnels ont été confisqués par l’entreprise qui devait soi-disant les em­baucher.
Très vite, l’illusion a laissé place à l’horreur. Con­traints de participer à des escro­queries en ligne, un trafic de plus en plus courant en Asie du Sud-Est, ces jeunes ont été forcés à travailler dans des conditions proches de l’esclavage pendant plusieurs mois.
Fatigués, maltraités, me­nacés, certains ont tout risqué pour s’échapper. Un groupe a finalement réussi à fuir, ne récupérant que leurs passeports avec leurs corps épuisés. Aujourd’hui, 21 d’entre eux sont retenus par la police à Siem Reap, dans un centre de détention. Sans argent, sans billet d’avion et totalement démunis.

Intervention des autorités malgaches

L’Ambassade de Mada­gas­car à Pékin, en charge des relations diplomatiques avec le Cambodge, a confirmé dans un communiqué officiel en date d’hier qu’elle suit « de très près » la situation. Elle se félicite de la collaboration en cours avec les autorités cambodgiennes, pour assurer la sécurité des victimes, tout en préparant leur éventuel rapatriement.
Trois femmes auraient déjà été libérées, signe d’un premier progrès. Mais pour les 21 autres toujours détenus, l’avenir reste incertain. L’Ambassade assure main­tenir un contact permanent avec les autorités locales, afin de garantir que les droits et la dignité des victimes soient pleinement res­pectés.

Appel à la vigilance

Face à la recrudescence de ces affaires de traite hu­maine sous couvert de promesses d’emploi, le ministère des Affaires étrangères malgache relance un appel pressant à la population. Il ex­horte tous les travailleurs migrants à respecter scrupuleusement la procédure de sortie du territoire : visa validé, contrat visé par les mi­nis­tères concernés, préinscription consulaire… Des étapes trop souvent ignorées, faute d’information ou par précipitation.
Dans ce sens, le gouvernement malgache insiste sur le fait qu’aucun départ à l’étranger ne doit se faire sans vérification officielle.

Fahranarison

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