A peine remis de la crise sanitaire, la chaîne du livre à Madagascar est de nouveau affecté par la situation sociopolitique tendue. Victimes des actes de pillages survenus dans la nuit du 25 septembre, les professionnels du secteur encore fragile, ont lancé un appel à l’aide à l’Etat, à l’occasion d’un dialogue ouvert, mercredi au Ceremony Building du Palais d’Iavoloha.
«Nous faisons partie des victimes des pillages. Tous les livres ont disparu. Les ouvrages qu’ils ont laissés, sont détruits. Les gérants et les actionnaires sont au bout du rouleau, parce qu’en 2009, on a déjà été pris pour cible, lors des événements survenus à la Galerie Zoom à Ankorondrano. Après avoir déménagé à Tana Water Front, nous subissons aujourd’hui à nouveau les conséquences de la violence», fait savoir la librairie Lecture et Loisirs.
En réponse aux attentes des victimes, l’Etat a annoncé la mise en place d’un crédit à taux zéro.
«Nous espérons que la mise en œuvre de cette mesure sera effectuée dans les plus brefs délais, car nous prévoyons de rouvrir notre librairie dès le mois de décembre. Aujourd’hui, nous n’avons plus de marchandises ni même de local commercial», poursuit-on.
Selon toujours la représentante de la librairie, les livres étaient exempts de Taxe sur la valeur ajoutée (TVA) à Madagascar, mais la Loi de finances 2025 l’a rendue obligatoire.
«Nous avons défendu notre position depuis le mois d’avril. En juin, les autorités ont finalement accepté de reporter l’entrée en vigueur de cette mesure. Mais qu’en sera-t-il dans la Loi de finances 2026 ? Nous demandons dès maintenant que cette exonération soit maintenue. Le livre ne doit pas être taxé».
Pour Rakemba Raketamavo, conteuse et éditrice malgache, «Les librairies sont les premières victimes par ces vandalismes. Mais nous, les éditeurs, en sommes aussi les témoins silencieux et les partenaires affectés».
Joachin Michaël




