Bien malin…

Madagascar se trouve aujourd’hui dans une situation de crise profonde. Et malheureusement, elle a déjà fait de nombreuses victimes. Comme dans toutes les situations de ce genre, les dommages collatéraux se trouvent aussi bien auprès des forces de défense que des civils.
Evidemment, cette situation crée beaucoup d’inquiétudes à tous les niveaux d’autant plus que les évènements se déroulent très vite à tel point que les observateurs n’arrivent plus à suivre et à comprendre les tenants et aboutissants de chaque évènement.
En effet, à chaque heure, voire moins, de nouveaux éléments viennent enrichir la si­tuation. Les informations, fondées ou non, et quelques fois contradictoires tombent par le biais des réseaux d’information de toutes sortes. Evidemment, cet état des choses n’est pas de nature à faciliter la compréhension de la situation qui prévaut.
Il faut avoir un niveau de discernement aiguisé pour y arriver. Ce qui n’est pas donné aux communs des mortels. Il se pourrait bien également que tous ces flux d’informations soient volontairement émis afin de mettre tous ceux qui s’efforcent d’y trouver un éclaircissement dans le désarroi.
C’est ainsi qu’on assiste parfois à des prises de décisions hâtives au niveau de certaines institutions au nom de l’intérieur supérieur de l’Etat. Et comme toujours, on ne cesse de parler, à tort ou à travers, de légalité, de paix et d’unité nationale, sans oublier la stabilité, la justice égale pour tous et la transparence de la gouvernance.
Et dans l’état actuel des choses, les reven­dications initiales des manifestants qui ont porté sur des besoins essentiels (eau, électricité, … ) sont largement dépassées. Aujourd’hui, ces revendications sont devenues plus politiques. Et tout naturellement, les partis politiques ne manqueront pas de marquer de leur présence le mouvement.
L’entrée en lice des partis politiques ne fera qu’envenimer cette si­tuation. Mais qu’on le veuille ou non, cela ne manquera pas de venir. On remarquera que si ceux-ci sont plus ou moins restés discrets depuis le début des manifestations, il n’en demeure pas moins que certains leaders ont déjà essayé vainement de faire une brève apparition.
Aujourd’hui, il s’avère qu’il sera difficile de rétablir la confiance du peuple envers les institutions quelles qu’elles soient. On peut se de­mander le degré de confiance que la population accorde encore aux partis politiques existants, quels qu’ils soient.
De toutes les façons, c’est une certitude : Les partis politiques vont maintenant faire entendre leurs voix. Ils ne peuvent pas rester effacés aussi longtemps. Y réussiront ils ? Quoi qu’il en soit, on peut s’attendre à ce que la scène politique devienne un véritable Tour de Babel. Bien malin celui qui saura prédire de quoi demain sera fait !

Ranaivo Lala Honoré

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