Tentative de coup d’Etat : la présidence de la République interpelle la communauté internationale

Suite aux déclarations faites par le Colonel Michael Randrianirina du Capsat samedi, de se rallier aux manifestants de la Gen « Z » et à la nomination d’un chef d’Etat major, le général Général Pikulas Démosthène, la présidence de la République n’a pas tardé à réagir et a fait appel à la communauté internationale, face à une tentative de prise de pouvoir illégale et par la force.

Dans deux communiqués diffusés les 11 et 12 octobre, la présidence de la République a condamné avec fermeté ce qu’elle considère comme une «tentative de prise de pouvoir en dehors des ca­dres constitutionnels». Elle a déclaré dans ce sens, informé la communauté internationale.
«Face à cette situation d’une extrême gravité, le président de la République, garant de l’unité nationale, condamne avec la plus grande fermeté cette tentative de déstabilisation et appelle les forces vives de la nation, à faire bloc pour défendre l’ordre constitutionnel et la souveraineté nationale», a souligné le communiqué.

Et d’après le président, «le dialogue est la seule voix et issue dans la résolution de cette crise que traverse actuellement le pays». Andry Rajoelina appelle la population à la vigilance, et les forces de l’ordre à rester fidèles à leur mission républicaine : préserver la paix, l’unité nationale et le respect de la loi.

Un autre communiqué publié samedi, visait à dé­mentir les rumeurs selon lesquelles le Président aurait quitté le pays. «Le Président de la République est bien présent sur le territoire na­tional et continue de gérer les affaires de l’Etat aux côtés du Premier ministre», a précisé ce communiqué.

Dans une déclaration forte, les militaires du CAPSAT ont appelé leurs frères d’armes à regagner les casernes et exhorté la police et la gendarmerie à cesser toute violence contre la population. Ils affirment que désormais, toutes les instructions destinées aux forces terrestres, navales et aériennes relèvent de leur autorité.
Le Capsat est sorti de sa caserne
Pour rappel, juste après la déclaration de militaires du Capsat le 11 octobre, la tension est montée d’un cran dans la capitale. A Anka­dim­bahoaka, des soldats ont érigé des barrages avec le soutien de la population, pour protéger leur camp. Alors qu’à Antanimbarinan­driana, une foule de manifestants se dirige vers le centre-ville. Mais la tentative de l’Emmoreg, d’empêcher les cortèges de rallier la place du 13 mai, a échoué.
A Anosy, les manifestants ont franchi les barrages de sécurité, tandis que de violents affrontements ont éclaté au tunnel d’Ambohi­dahy, marqués par des explosions, des tirs de gaz lacrymogènes et des charges violentes. L’Emmoreg s’est retrouvé rapidement dépassé par l’événement car le Capsat est sorti de sa caserne avec des blindés, pour libérer ses éléments arrêtés par la gendarmerie. Du coup, des affrontements ont éclaté à Andrefan’Ambohijana­hary, s’étendant jusqu’au camp Ratsimandrava impliquant les manifestants, les gendarmes et les militaires
Entre-temps, sur la RN1, des milliers de personnes, venues notamment d’Ime­rin­tsiatosika, ont rejoint le mouvement. Et vers le début de l’après-midi, les barrages à Ambohidahy ont cédé, ou­vrant l’accès à Analakely. L’Emmoreg, encore posté sur le parvis de l’Hôtel de Ville, s’est retiré sans résistance.

Nouvelle direction militaire !
Le Capsat a désigné un nouveau chef d’Etat-major des armées, le général de division Démosthène Piku­las, succédant au général Manantsoa Deramasinjaka Rakotoarivelo, nommé ré­cemment ministre des For­ces armées. La cérémonie de passation de commandement s’est tenue hier à Andohalo.
Dans son discours, le général Pikulas a déclaré que «ce que nous vivons aujourd’hui est bien réel, ce n’est pas une illusion.» Il a appelé à l’unité, à la cohésion et au respect du devoir, affirmant que cette passation militaire s’est déroulée dans un esprit de patriotisme et de responsabilité. Il a précisé avoir déjà pris contact avec les commandements régionaux afin de garantir la continuité du commandement national.
En s’adressant aux journalistes hier après la passation de pouvoir au sein du Chef d’Etat-major de l’armée malgache, le colonel Mickael Randrianirina du Capsat a tenu à clarifier, «Je ne suis pas le leader de la lutte même si je suis descendu sur la place du 13 mai, cela ne signifie pas un coup d’Etat».

N.A

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