Non, il ne s’agit pas ici d’un de ces vieux films de thriller politique et d’action des années 1980 avec Chuck Norris au Viêt Nam. C’est bien de la situation actuelle des chefs d’Églises membres du Conseil œcuménique des Églises chrétiennes de Madagascar, plus connu sous le nom de FFKM. Cette entité, jadis garante de la conscience morale et pilier de la cohésion nationale, semble aujourd’hui avoir perdu sa voix dans la tourmente. Autrefois, le FFKM se dressait comme une boussole morale. On se souvient encore du rôle déterminant qu’il a joué lors de la Convention de Panorama en 1991, dans la crise de 2002, ou encore en 2009, où ses interventions avaient pesé dans la recherche de compromis et de solutions pacifiques. En ce temps-là, la parole des Églises avait du poids.
Cette fois-ci, silence radio. Le Conseil, autrefois si prompt à réagir, s’est muré dans une prudente réserve. Malgré les appels répétés de divers acteurs politiques et de la société civile, le FFKM reste étonnamment discret avec seulement quelques communiqués laconiques. Il faut reconnaître que les temps ont changé. Le rapport entre religion et politique n’est plus le même. Les grandes figures charismatiques du passé ne sont plus là. Les Chefs d’églises n’apparaissent plus comme ce phare spirituel capable d’éclairer l’opinion.
Pourtant, jamais le pays n’a eu autant besoin d’une autorité morale forte. Dans un contexte où l’ordre institutionnel vacille. Un aveu d’impuissance, en somme. Et si le FFKM a choisi de se taire, espérons que ce silence ne serait pas celui… de l’abandon, mais celui d’une réflexion profonde. En somme, le FFKM, jadis boussole et conscience du pays, semble aujourd’hui porté disparu. Reste à savoir s’il saura renaître de ce silence pour redevenir ce qu’il a toujours été, à savoir la voix de la raison.
Rakoto




