Face à une précarité grandissante du monde du travail et à une politique de l’emploi en berne, le Syndicat autonome des Inspecteurs du travail (Sait) monte au créneau. Lors d’une déclaration hier à Antsahavola, ses membres ont dénoncé la marginalisation persistante de leur secteur et exigé une réforme en profondeur du système. «Le monde du travail a trop longtemps été relégué au second plan. Il est temps de lui redonner la place qu’il mérite dans les priorités nationales», a déclaré Rojomampionona Ravelomahatratra, président du syndicat.
Depuis la disparition progressive de la politique nationale de l’emploi instaurée en 2005, aucun plan concret n’a été mis en place pour garantir aux citoyens un accès stable au marché du travail. Pour les inspecteurs, cette absence traduit un manque criant de volonté politique.
Ils appellent donc au retour immédiat d’une politique de l’emploi ambitieuse, structurée et respectueuse des normes internationales.
Des inspecteurs en première ligne face aux crises
Le Sait a souligné que dans un contexte économique marqué par des actes de pillage, des pertes massives d’emplois et un recours fréquent au chômage technique, les inspecteurs du travail se retrouvent au front. Ils tentent tant bien que mal de protéger les travailleurs vulnérables, tout en accompagnant les entreprises en difficulté. Mais leur action est freinée par un cadre juridique jugé insuffisant et par un manque d’indépendance.
«Nous demandons depuis 2020 un statut spécial garantissant notre autonomie. Ce texte n’a jamais vu le jour, alors que nous sommes de hauts fonctionnaires sortants de l’Ecole nationale d’administration de Madagascar (Enam), chargés de coordonner les politiques de l’emploi», martèle un inspecteur.
Le Sait affirme aussi son soutien au mouvement de la Génération Z, qui réclame un changement de système et la mise en œuvre des droits fondamentaux. Premier syndicat de fonctionnaires à soutenir ouvertement cette mobilisation, il entend s’inscrire dans une dynamique de réforme transversale.
Fahranarison




