Sur la liste des petits métiers, la fabrication et la vente de pâtes alimentaires artisanales ou pâtes « Gasy » ont connu un regain d’activité ces dernières années, même au fin fond de la brousse. Une activité qui fait recette affirme Roger R., un pastier du côté d’Alakamisy Fenoarivo. Interview.
*Les Nouvelles : Depuis quand êtes-vous un pastier de pâtes « Gasy » ?
- Roger R. : Cela fait à peu près 12 ans. Avant j’étais dans le secteur des fruits et légumes. C’est mon beau frère qui m’a convaincu de devenir pastier et après qu’il m’a initié au métier, je cherchais un endroit où le marché est encore vierge et en plein essor. Et c’est comme ça que j’ai atterri ici à Alakamisy Fenoarivo, et j’étais le premier pastier qui a exercé dans ce marché.
*Après 12 années dans ce métier, peut-on dire qu’il fait vitre son homme ?
– Avec un sac de 50kg de farine de bonne qualité, en principe de la farine d’Egypte, j’arrive à produire entre 62 et 65 kg de nouilles. Vendu à 4.000 ariary le kilo, on peut gagner jusqu’à 50.000 ariary par sac, une fois les dépenses déduites.
* Quelles sont les dépenses ?
– Tout d’abord, j’aime souligner que mes produits sont totalement « bio ». En effet, comme ingrédients, je n’utilise que de la farine, de l’eau, un peu d’huile cachetée et du sel, sans même utiliser de la levure, avec la cuisson réalise au bois de chauffe ou au charbon. Et pour une commande spéciale, on ajoute des œufs et d’autres ingrédients de ma spécialité. Mais cette fois-ci, le kilo se vend à partir de 5.000 ariary. Un surplus de prix qui varie selon les exigences des clients.
*D’après vous, depuis quand les Malgaches ont-ils intégré dans leur alimentation de bases les pâtes « Gasy » ?
– Je crois que la consommation de pâtes « Gasy », a atteint son apogée dans les années 2000. A l’époque, les gargotes n’ont pas connu un véritable boom dans la capitale. Actuellement, on réalise la meilleure vente le weekend, en particulier la veille et le jour des fêtes comme Noël, le Nouvel An, 26 juin, ainsi que les fêtes pascales et Pentecôtes durant lesquelles on arrive à tripler nos chiffres d’affaires au quotidien.
Propos recueillis par Sera R.




