Quels sont les pays africains les plus attractifs pour l’investissement en 2025 et 2026 ? Un rapport publié le 27 octobre par la holding sud-africaine de services financiers Rand Merchant Bank (RMB), en partenariat avec le Gordon Institute of Business Science (GIBS), révèle un classement des meilleurs destinations d’investissement du continent Africain. Dans cette liste, Madagascar se classe à la 22e position.
Pour la deuxième année consécutive, les Seychelles dominent le classement Where to invest in Africa (WTIIA) du Rand Merchant Bank des pays africains les plus attractifs pour l’investissement. L’archipel affiche le revenu par habitant le plus élevé du continent, en hausse à 32 700 dollars en 2025, et bénéficie d’un faible niveau de corruption ainsi que d’un indice de développement humain élevé. Après un pic d’inflation post-Covid à 10%, l’économie a rapidement retrouvé un niveau stable. Les Seychelles se distinguent également par leur capacité d’innovation, notamment avec l’émission de la première obligation bleue souveraine au monde en 2018. Toutefois, leur forte dépendance au tourisme, plus de 40% des exportations, expose le pays au ralentissement économique prévu en Europe, leur principal marché.
Maurice conserve, elle aussi, la deuxième place du WTIIA grâce à un PIB par habitant environ huit fois supérieur à la moyenne africaine. Mais certains défis pèsent sur ses perspectives : un récent audit montre que la dette publique, officiellement à 77%, avoisinerait plutôt les 83% en juin 2024, et l’inflation reste à un niveau plus élevé que souhaité malgré une stabilisation progressive. Les récentes arrestations d’anciens responsables financiers pour détournement de fonds ont également ravivé les inquiétudes sur la gouvernance. Le Premier ministre Navin Ramgoolam entend toutefois restaurer la confiance des investisseurs, notamment en réduisant le ratio dette/PIB à 60% et en renforçant la résilience budgétaire du pays.
Le classement du RMB fait également apparaître des évolutions marquantes. Le Nigeria enregistre la plus forte chute de l’année, passant de la 9e à la 18e place. Cette baisse reflète notamment la contraction du PIB exprimé en dollars, liée à la dépréciation de la monnaie et à une inflation élevée. Malgré les réformes engagées par l’administration Tinubu, jugées nécessaires pour diversifier l’économie et réduire la dépendance historique au pétrole, les effets immédiats se traduisent par une pression économique accrue. À l’inverse, la Côte d’Ivoire signe la progression la plus remarquable, bondissant de la 16e à la 8e place grâce à une croissance soutenue, estimée en moyenne à plus de 6% par an jusqu’en 2025, à l’amélioration de son environnement des affaires et à de réelles avancées en matière d’accès à l’électricité. Porté par le programme “Électricité pour tous”, qui a permis d’atteindre un taux de couverture de 94%, le pays consolide sa position comme l’une des économies les plus dynamiques d’Afrique de l’Ouest.
Madagascar et le Zimbabwe stagnent
Madagascar, pour sa part, stagne à la 22e position du classement WTIIA. Cette stabilité apparente traduit surtout des difficultés persistantes à surmonter des obstacles structurels profonds. L’économie reste fortement dépendante de secteurs à faible valeur ajoutée dont les métaux, l’agriculture et le textile, ce qui se reflète dans une productivité parmi les plus faibles de la région : selon la Banque mondiale, un travailleur malgache demeure trois fois moins productif que la moyenne en Afrique subsaharienne. L’insuffisance et l’irrégularité de l’approvisionnement en électricité continuent d’entraver la compétitivité. Quelques signaux positifs sont toutefois à relever : l’ouverture de nouvelles liaisons aériennes qui dynamise le tourisme, la mise en place d’un guichet unique pour les investisseurs ou encore des réformes sur les licences qui attirent des projets à long terme comme celui d’Airtel Madagascar. Avec une croissance anticipée entre 3,9% et 4,5% dans les prochaines années, le pays dispose d’une base pour renforcer ses réformes et améliorer des indicateurs sociaux encore alarmants, notamment un taux de pauvreté avoisinant 75%. Premier producteur mondial de vanille, Madagascar cherche aussi à séduire davantage d’investisseurs, notamment en provenance des Émirats arabes unis.
À l’autre extrémité du classement, le Zimbabwe occupe toujours la dernière place, une situation qui nécessite une lecture nuancée. Malgré un climat des affaires très complexe, marqué par une forte instabilité monétaire qui décourage de nombreux investisseurs, certains secteurs montrent un réel potentiel. Le tourisme a progressé de 12% en 2024, tandis que les investissements étrangers se concentrent sur la sidérurgie et le lithium, secteurs stratégiques pour l’avenir industriel du pays. Même si ces avancées restent insuffisantes pour influencer le classement global, elles rappellent que des opportunités demeurent, à condition de déployer des politiques capables d’améliorer progressivement la confiance des investisseurs et l’environnement économique général.
Toutefois, le rapport précise que le fait que les Seychelles et Maurice soient en tête du classement ne veut pas dire qu’elles sont “les meilleurs” pays pour investir, “dans tous les domaines”. En réalité, leurs bons scores montrent surtout que ce sont de petits marchés, mais attractifs pour certains secteurs, comme les services financiers. En revanche, une entreprise qui cherche à vendre de grands volumes de produits comme des couches pour bébés par exemple, ne trouvera pas suffisamment de clients aux Seychelles, qui ne comptent qu’environ 120 000 habitants. À l’opposé, le fait que le Zimbabwe reste dernier du classement “doit aussi être analysé avec nuance”, note le rapport. Le pays présente un environnement économique très difficile, notamment à cause de l’instabilité de sa monnaie, ce qui décourage de nombreux investisseurs. “Cela ne signifie pas qu’il n’y a aucune opportunité, mais que les risques restent élevés pour la plupart des entreprises”, peut-on lire dans ce rapport.
Le rapport Where to invest in Africa, publié conjointement par RMB et le GIBS le 27 octobre 2025, constitue une référence pour comprendre les dynamiques d’investissement en Afrique. Le rapport se concentre sur 31 pays africains qui, à eux seuls, totalisent environ 90% du PIB du continent, 83% de sa population et 61% de sa superficie. Pour mesurer leur attractivité, l’étude s’appuie sur une vingtaine d’indicateurs regroupés en quatre grands piliers : la performance économique et le potentiel de croissance, l’accessibilité du marché et la capacité d’innovation, la stabilité économique ainsi que la qualité du climat d’investissement, et enfin le niveau de développement social et humain. Cette approche permet d’offrir une vision complète des forces et faiblesses de chaque économie afin d’aider les investisseurs à prendre des décisions éclairées.
Nambinina Jaozara
1-Seychelles
2-Maurice
3-Egypte
4-Afrique du Sud
5-Maroc
6-Ghana
7-Algérie
8-Côte d’Ivoire
9-Tanzanie
10-Kenya
11-Ethiopie
12-Tunisie
13-Botswana
14-Sénégal
15-Zambie
16-Rwanda
17-Namibie
18-Nigeria
19-Ouganda
20-Bénin
21-Gabon
22-Madagascar
23-Angola
24-RD Congo
25-Malawi
26-Cameroun
27-Congo-Brazzaville
28-Mozambique
29-Eswatini
30-Lesotho
31-Zimbabwe




