Produits dérivés de tomates: 40 % de taxe additionnelle sur les importations

Afin de soutenir les transformateurs locaux, l’Autorité nationale chargée des mesures correctives commerciales (ANMCC) vient d’instaurer une mesure de protection sur les dérivés de tomates importés. Appliquée depuis le 1er juillet, cette décision impose une taxe additionnelle de 40 % sur la valeur globale des produits à leur entrée au pays (valeur CAF). Conforme aux règles de l’Organisation mondiale du commerce (OMC), ce dispositif est mis en place pour une durée de quatre ans. «Les premiers bénéficiaires ne sont pas de grands industriels, mais principalement les Petites et moyennes industries (PMI) malgaches engagées dans la transformation de la tomate », précise l’ANMCC. En effet, bien que certaines d’entre elles possèdent déjà des unités de production de ketchup et d’autres dérivés, elles ont du mal à faire face aux produits importés vendus à des prix anormalement bas. Un producteur local a d’ailleurs souligné que certaines boîtes de concentré de tomate importées sont vendues sur le marché à un prix inférieur à celui d’une simple boîte métallique vide.
Cette situation a poussé les producteurs à demander des enquêtes approfondies sur la qualité et les conditions de vente de ces marchandises. L’enjeu dépasse la seule protection du marché sachant que Madagascar importe annuellement près de 2.400 tonnes de produits dérivés de tomates, tandis que la production nationale de tomates fraîches avoisine les 40.000 tonnes. Le développement des capacités locales de transformation devient une nécessité afin de stabiliser le revenu des agriculteurs et de limiter les importantes pertes post-récolte liées au caractère hautement périssable de la tomate.
Par ailleurs, l’ANMCC a souligné que la transformation des fruits locaux comme les mangues, les ananas, les agrumes, les litchis ou les bananes représente un potentiel encore sous-exploité. Dans cette optique, les jus, nectars et boissons aromatisées aux fruits sont eux aussi soumis, depuis le 1er juillet 2026, à une taxe additionnelle de 32 % pour une durée de quatre ans. L’auto­rité a toutefois rappelé que cette protection reste temporaire : l’objectif est d’accorder aux entreprises malgaches le temps nécessaire pour investir dans leurs équipements, gagner en compétitivité et renforcer leurs capacités de production.

Jean Riana

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