L’ONG Inclusion and Legacy for natiOn (ILO) a lancé officiellement le projet Randrana, une initiative régionale qui vise à renforcer la coopération entre les artisanes de Madagascar, des îles de l’océan Indien et du continent africain. Ce programme entend faire de l’artisanat un levier de développement économique durable, de transmission culturelle et de solidarité territoriale.
Le projet Randrana s’inscrit dans une démarche inclusive et professionnelle. Il met en relation des artisanes et créatrices issues de différents horizons pour favoriser les échanges, la formation et la cocréation. En réunissant les savoir-faire, les techniques et les récits de plusieurs territoires, le projet cherche à créer un pont entre tradition et modernité dans le domaine de la création textile.
Une plateforme pour la cocréation et la valorisation artisanale
Randrana est conçu comme une plateforme évolutive, ouverte à la collaboration et à la transmission des compétences. Les participantes pourront échanger avec des créateurs africains et d’autres acteurs culturels afin de concevoir des pièces originales fondées sur leurs propres histoires et savoir-faire. L’objectif est de favoriser la reconnaissance des artisanes comme des professionnelles à part entière de la création et de la culture.
Le projet met un accent particulier sur la mode responsable. Les vêtements et accessoires seront réalisés à partir de matières premières locales, en combinant les techniques traditionnelles et contemporaines. Cette approche s’appuie sur des pratiques d’upcycling, qui consistent à réutiliser des chutes de tissus ou des fonds de rouleaux pour en faire des créations durables. Cette orientation contribue à réduire le gaspillage, tout en valorisant la créativité artisanale et la production locale.
Selon les responsables du projet, Randrana constitue également un espace d’expérimentation pour la mode éthique. Les artisanes y seront considérées comme des co-autrices, capables d’apporter leur expertise et leur sensibilité artistique à des collections engagées et ancrées dans leurs réalités culturelles. Cette démarche permet de renforcer leur rôle dans les processus de création et de reconnaissance sociale.
Première étape : une mission à La Réunion
La première phase du projet sera marquée par une mission de mobilité vers l’île de La Réunion, prévue pour le mois prochain. Cette étape vise à poser les bases d’une coopération régionale concrète et à identifier les synergies existantes entre les acteurs du secteur.
La créatrice Karine Rabarijohn, fondatrice de l’ONG ILO et connue sous le nom de Kamira, conduira cette mission. Elle rencontrera des artisanes, des créatrices locales ainsi que des institutions culturelles et économiques. Ces échanges permettront d’établir les premières collaborations et de structurer un réseau solidaire autour des savoir-faire artisanaux.
Pour Karine Rabarijohn, ce projet représente un prolongement naturel de son engagement en faveur d’une mode éthique et responsable :
“En tant que créatrice, ce projet enrichit profondément ma démarche artistique et professionnelle. Il apportera une véritable valeur ajoutée à mes créations en favorisant l’émergence de pièces porteuses d’identité, de sens et de dialogue interculturel”, souligne-t-elle.
Elle précise que cette dynamique vise à reconnaître les artisanes comme des actrices de transformation culturelle et sociale, en valorisant leur expertise dans les processus de création.
Un appui institutionnel pour les industries créatives
Ce projet est soutenu par la Commission de l’océan Indien, dans le cadre de son projet dédié au développement des industries culturelles et créatives en Indianocéanie, financé par l’Agence française de développement (AFD).
Cet appui traduit une volonté commune de renforcer la coopération régionale dans le secteur culturel et artisanal. En soutenant des initiatives comme Randrana, la COI et l’AFD encouragent la structuration d’un réseau professionnel régional, capable de générer des opportunités économiques tout en favorisant la préservation du patrimoine immatériel.
Le projet Randrana illustre ainsi l’importance croissante accordée à l’artisanat comme moteur de développement durable et d’autonomisation économique. Il ouvre la voie à une collaboration entre les territoires de l’océan Indien et du continent africain, où la créativité et la transmission deviennent des leviers de croissance et de cohésion sociale.
Tiana R.




