Singulier contexte

Réussir, bâtir des entreprises à la sueur de son front et devenir une personnalité en vue, c’est déjà suspect. On ne sait pas encore pourquoi, mais c’est sûr : cette personne est coupable. Coupable d’avoir osé réussir là où d’autres ont échoué. Aperçu en photo aux côtés de personnalités influentes lors d’une cérémonie ou d’une soirée officielle. Coupable. Même s’il ne s’agissait que d’une brève conversation. Avoir des amis haut placés dans l’administration ou le secteur privé. Coupable encore. Même si votre réussite n’a rien à voir avec eux.
Et bien évidemment, avoir appartenu, de près ou de loin, à un régime désormais tombé en disgrâce. Coupable, sans appel.
C’est dans cette ambiance étrange que baigne la vie politique de ces dernières semaines. Le changement tant réclamé, à coups de grands discours et d’espoirs renouvelés, semble avoir perdu son sens en chemin.
Pire encore. Les réseaux sociaux sont en train de se transformer en tribunaux populaires. Et c’est bien dom­mage. Les critiques gratuites fusent de toutes parts visant aussi bien des personnes que des entreprises. On salit des noms, des familles, des projets, sans se rendre compte des dégâts humains derrière les écrans.
Avant qu’il ne soit trop tard, il est temps de prendre
des responsabilités. Il ne s’agit pas de restreindre la liberté d’expression mais de rappeler que la liberté s’accompagne toujours de devoirs. À force de pointer du doigt sans preuve, certains finissent par détruire la vie des autres en nourrissant la peur et la suspicion sans preuve concrète. Aujourd’ hui, certains jubilent en voyant leurs adversaires traînés dans la boue. Mais demain, quand les rôles s’inverseront,
ce sera à leur tour de subir le même sort. Il est d’ailleurs évident que la justice populaire n’est pas la justice toute courte.

Rakoto

Partager sur: