Harcèlement sexuel et corruption à l’université: le Mesupres dégaine la politique de tolérance zéro

Face à la montée des plaintes pour harcèlement sexuel et pratiques corruptives dans les universités, le ministère de l’Enseignement supérieur et de la recherche scientifique (Mesupres) frappe un grand coup. Une note de service, publiée hier, instaure une politique de tolérance zéro dans tous les universités et centres de recherche du pays.

Le ton est donné. Dans un communiqué officiel, le Secrétaire général du Mesupres rappelle que toute forme de harcèlement sexuel ou de corruption est strictement interdite au sein des établissements d’enseignement supérieur.
« La position du ministère est sans équivoque : tolérance zéro », peut-on lire dans la note.
Cette annonce intervient dans un contexte où les té­moignages d’étudiantes dé­nonçant pressions, avances déplacées et chantages académiques se multiplient sur les réseaux sociaux et dans les médias. A cela s’ajoutent des soupçons persistants de corruption : notes monnayées, favoritisme dans les recrutements ou trafics d’influence dans les soutenances.

Des sanctions immédiates et exemplaires
Le Mesupres ne laisse place à aucune ambiguïté. Tout acte, tentative ou complicité de harcèlement ou de corruption, qu’il émane d’un enseignant, d’un personnel administratif ou d’un étudiant, entraînera des sanctions disciplinaires et, le cas échéant, des poursuites pé­nales. Les responsables d’établissements sont désormais tenus de renforcer les dispositifs de prévention et de sensibilisation, signaler immédiatement tout cas suspect, assurer un traitement impartial et confidentiel et rendre compte trimestriellement au ministère des actions menées.

Un appel à la responsabilité collective
Dans sa note, le Mesu­pres appelle toute la communauté  universitaire à faire vivre cette politique. Dirigeants, enseignants, che­r­cheurs, personnels et étudiants sont invités à devenir des acteurs du changement pour que les campus demeurent des espaces d’intégrité, de respect et d’excellence. « Il appartient à tous les acteurs de l’enseignement supérieur
de s’approprier cette politique pour garantir un environnement universitaire sain et équitable », souligne le ministère.
« Cette initiative marque un tournant dans la gouvernance de l’enseignement supérieur. Si elle est suivie d’effets concrets, enquêtes transparentes, sanctions ef­fe­ctives et accompagnement des victimes, elle pourr­ait rompre le silence qui entoure depuis trop longtemps les abus dans les milieux académiques », a souligné un enseignant à l’université d’Antananarivo.

Fahranarison

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