« C’est dans le besoin qu’on reconnaît ses amis », dit le proverbe. Il n’a jamais été aussi vrai qu’en ces temps troublés. Le climat sociopolitique actuel du pays fait de tensions et d’incertitudes a révélé bien des visages… parfois insoupçonnés. Il fut un temps où certaines personnalités ne connaissaient pas le repos car les couloirs menant à leur bureau étaient encombrés de visiteurs impatients d’obtenir une audience. Les plus pressés se bousculaient, les plus rusés trouvaient toujours un moyen de se faufiler pour décrocher un rendez-vous.
Mais avec le changement, les sourires d’hier ont disparu et le retournement de veste, sport national s’il en est, a encore frappé. Il suffit qu’un vent nouveau souffle, qu’une rumeur
de changement circule, pour voir certains sauter du train en marche et se précipiter vers le suivant. Les convictions deviennent alors accessoires, les fidélités s’évaporent et l’amitié se réduit souvent à un simple intérêt du moment.
Cette réalité, aussi amère soit-elle, devrait servir de leçon à ceux qui viennent d’obtenir un poste, une promotion ou une parcelle de pouvoir. Car les portes qui s’ouvrent aujourd’hui à grand fracas seront peut-être celles qui se refermeront demain, tout aussi bruyamment. En politique comme ailleurs, l’adversité est souvent le meilleur filtre pour mesurer la sincérité des prétendus proches.
Pourtant, tout n’est pas perdu. Dans ce grand théâtre des apparences, il reste encore quelques hommes et de femmes d’honneur, rares mais précieux. Ceux-là ne fuient pas quand les nuages s’accumulent, ils restent constants dans leur loyauté. C’est le cas de certaines activistes, des véritables espèces en voie de disparition.
Cela étant, la vie, finalement, n’est qu’une succession de saisons. Mais le plus important, c’est qu’à l’automne des épreuves, on reconnaît le temps de vérité, celui où tout le monde montre son vrai visage.
Rakoto




