Harcèlement textuel

Toliara a ouvert la voie en lançant la bataille contre le harcèlement sexuel dans le milieu universitaire. L’initiative, reprise depuis par le ministère de l’Enseignement supérieur, marque une avancée importante pour le respect des droits et la dignité. C’est une victoire à saluer. Mais à côté de ce combat légitime, un autre fléau tout aussi virulent, c’est le harcèlement textuel en ligne.
Oui, textuel. Ce sport national qui consiste à pointer du doigt, accuser, insulter ou diffamer sur les réseaux sociaux souvent sans preuve, sans recul et surtout, sans retenue. Le clavier est devenu une arme et les réseaux sociaux, des tribunaux improvisés.
Derniers exemples en date, deux anciens hauts responsables récemment nommés à la tête d’écoles doctorales, l’un à l’Université d’Antsiranana, l’autre à celle de Mahajanga. Leur nomination, pourtant validée en conseil des ministres après un processus universitaire, a immédiatement déclenché une avalanche de commentaires accusateurs. Certains internautes, mal informés ou simplement prompts à juger, ont crié au scandale, au népotisme, sans même chercher à comprendre le rôle d’une école doctorale, ni les compétences requises pour y siéger.
Si ce phénomène illustre bien notre époque, c’est que l’émotion a pris le pas sur la réflexion. Avant, on se renseignait mais aujourd’hui, on réagit. Et plus c’est virulent, plus cela attire l’attention. Les réseaux sociaux sont devenus à la fois un espace d’expression et un exutoire collectif où tout le monde veut avoir raison.
Ce genre de harcèlement textuel n’a rien d’anodin. Les mots blessent, salissent, parfois détruisent. Un commentaire malveillant peut suffire à ruiner une réputation bâtie depuis des années. Faut-il pour autant censurer ? Pas forcément. Mais il devient urgent de réguler ces comportements, d’éduquer à la responsabilité numérique et de rappeler qu’Internet n’est pas une zone de non-droit.

Rakoto

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