Région Sofia: en finir avec la surexploitation du charbon de mangroves

Dans la région Sofia, les mangroves sont soumises à une pression croissante liée aux activités de charbonnage. Longtemps considéré comme une ressource facile d’accès, le bois de palétuvier est massivement surexploité pour alimenter les besoins en énergie et en matériaux.

Chaque jour, au port d’Antsohihy comme sur les eaux de la baie de Laloza, des dizaines de sacs de charbon de mangrove s’échangent librement. Les estimations évoquent plus de 150 sacs entrant quotidiennement dans la ville, un chiffre probablement en deçà de la réalité puisque d’autres localités comme Mandritsara, Bealanana ou encore Nosy Be s’approvisionnent également dans la Sofia.
Cette pression s’explique par l’étendue des mangroves locales, autrefois évaluées à près de 77.000 hectares selon un inventaire de 2019, mais aujourd’hui estimées entre 45.000 et 50.000 hectares. Les traces laissées par ces prélèvements sont visibles : des zones dégradées, parfois vidées de leurs palétuviers.
Face à cette situation, l’entreprise Bôndy mène depuis plusieurs années le projet Ma Honkô, centré sur la restauration et la préservation de ces écosystèmes. Dans 57 villages répartis sur dix communes, les équipes réhabilitent des mangroves tout en développant des activités communautaires destinées à réduire la dépendance au charbon.

Restaurations des mangroves
A Ambodimadiro, village situé au bord de la baie de Laloza, des charbonniers par­ticipent désormais à la plantation de jeunes palétuviers. Parmi eux, Sina Nomen­janahary, arrivée ici après des difficultés personnelles. Pendant longtemps, elle vivait au rythme incertain de la production de charbon, avec des revenus instables et grevés par les dettes. Depuis un an, elle prend part aux sessions de reboisement,  ré­munérées qu­o­tidienne­ment. « C’est mieux qu’avant. Nous avons enfin un complément de revenu », confie-t-elle.
Le changement ne con­cerne pas seulement les re­venus, mais aussi les prati­ques. Arsène, lui aussi char­bonnier, n’utilise plus que du bois mort abandonné par d’anciens exploitants. « C’est un travail de survie, mais nous essayons de faire autrement », explique-t-il.
Selon Bôndy, plus de 250 habitants ont déjà contribué aux actions menées à Am­biky, où 300 hectares de mangroves ont été restaurés. L’entreprise prépare maintenant le lancement de nouvelles activités génératrices de revenus. Ce afin d’offrir des alternatives durables pour enrayer la surexploitation.

Arh.

Partager sur: