Gel des comptes du PDG du groupe Sodiat: les employés redoutent un choc social

L’atmosphère est tendue samedi dans les locaux du Groupe Sodiat, à Talatamaty. Employés et familles se sont rassemblés pour alerter sur une crise « inévitable » si le gel des comptes bancaires du PDG Maminiaina Ravatomanga et de toutes les entités du groupe, se poursuit.

«Nous refusons la destruction des entrepreneurs malgaches», ont-ils martelé, craignant que cette décision prise par l’Etat ne prive des milliers de ménages de leur seul revenu.
Selon les salariés, les me­sures actuelles dépassent largement le cadre d’une procédure judiciaire classique. C’est un véritable acharnement politique. Ils dénoncent une série d’opérations intrusives, à sa­voir des perquisitions répétées, saisies de véhicules et de documents, bureaux sac­cagés.
Plusieurs témoins évoquent même des interventions menées par des individus en uniforme, parfois cagoulés, alimentant un climat d’incertitude. Pour beau­coup, ces actions « s’apparentent à des représailles politiques ».
Le gel des comptes constitue, pour eux, la menace la plus directe. Privés de ses fonds, le groupe ne pourra plus verser les salaires, régler les charges sociales ni maintenir ses activités. «Dét­ruire les entreprises malgaches, c’est tuer les Malgaches », ont insisté les manifestants. Ils avancent que «l’Etat ne peut absorber seul le marché de l’emploi».
Les employés craignent aussi que leurs droits fondamentaux soient bafoués, à savoir le droit au travail, à la propriété, à la sécurité et à la dignité. Ils s’inquiètent de dérives qui, selon eux, dépas­seraient le cas Sodiat pour affecter « l’ensemble de la protection des citoyens ».
Face à cette situation, les salariés ont fait entendre leurs revendications autour de quatre points essentiels : le dégel immédiat des comptes pour garantir le paiement des salaires, l’ouverture d’une enquête indépendante encadrant les perquisitions, la pro­tection des actifs du groupe et le respect strict des droits humains. En même temps, les manifestants appellent au respect des travailleurs et à la préservation des entreprises, qu’ils considèrent comme un pilier essentiel de la stabilité nationale.

Arh.

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