« Les enfants des années 2000 sont l’avenir de ce pays », disait un ancien président de la République. Une phrase que l’on a souvent entendue, parfois répétée sans grande conviction. Pourtant, depuis la crise politique de septembre dernier, cette vérité éclate enfin au grand jour et que la jeunesse n’est plus un slogan. Elle est devenue un sujet central et presque omniprésent lors des discussions.
Soyons honnêtes, cela fait longtemps que les jeunes tirent la sonnette d’alarme. Elle avance dans un parcours semé d’embûches. Mais ces dernières semaines ont montré autre chose, une génération qui fait entendre sa voix. C’est dans ce contexte que le ministère de la Fonction publique, avec l’université d’Antananarivo, a organisé un dialogue national consacré à l’emploi des jeunes. L’objectif affiché ? Ecouter les jeunes et recueillir leurs attentes afin de bâtir des stratégies qui répondent à la réalité du terrain.
Et des réalités, les jeunes en ont exposé plus d’une. Ils ont souligné, entre autres, le fossé béant entre leurs formations et les besoins des entreprises. Parallèlement, le ministère de la Jeunesse s’est aussi mis en mouvement avec la première réunion de révision de la Politique nationale de la jeunesse. Là encore, la participation a été massive avec des associations, collectifs et de mouvements de jeunes.
Au fond, que montrent tous ces événements ? Qu’on ne peut plus construire Madagascar sans sa jeunesse. Qu’elle n’est pas seulement un chapitre à cocher dans les rapports administratifs mais bien une force sociale, politique et économique. Une génération qui veut étudier dans de meilleures conditions, travailler dignement et vivre dans un pays qui lui ressemble.
A présent, il reste une question essentielle, les décideurs actuels sauront-ils transformer cette énergie en véritable moteur de développement ? Le pays n’a jamais eu autant besoin de sa jeunesse. Et peut-être, enfin, commence-t-on à l’entendre.
Rakoto




