Pas de consensus sur le consensus

Suite au récent débat télévisé « unilatéral », sur la réduction à tout prix, des coûts de l’internet à Madagascar, avec quatre ministres du même bord comme invités, le Groupement des opérateurs de télécommunication, a dû se fendre un communiqué en guise de réponse, clarifiant certains points interprétés autrement qui risquent de fausser la donne, faisant que les usagers ont une mauvaise compréhension de la situation.
Faut-il réduire les coûts de la connexion à Madagascar, jugés trop élevés, frein majeur à l’accès à Internet haut débit pour tous ? Comme la tendance est à la baisse, en moyenne de -6 % chaque année depuis 2008, à l’échelle mondiale, cette question ne se pose même pas. Pour le gouvernement de la Refondation, cela tombe sous le sens, partant de l’idée que plus le prix baisse, plus l’accès à Internet et au mobile, se généralise. Et qu’atteindre un prix plancher n’impacte pas les chiffres d’affaires des opérateurs.
Mais c’est plus facile à dire qu’à faire, selon les opérateurs qui au fond ne sont pas contre l’idée de réduire les coûts de l’internet dans la Grande île, sans la prise en compte de certains paramètres majeurs, comme condition sine qua non, pour parvenir à un accord donnant donnant. A vrai dire, ils ne s’opposent pas à une baisse des coûts d’internet, mais en échange de quoi, certaines taxes additionnelles qui pèsent lourd pour eux, devraient -être supprimées. Et c’est sur ce point que les négociations coincent et sont au point mort.
Les deux parties campent sur leur position. L’Etat qui mise sur la mobilisation des recettes fiscales, favorable à la croissance économique et pour financer les projets de développement, refuse de se soumettre à la demande sous forme de « pression » des opérateurs. Pas question de supprimer le droit d’accise, les taxes sur les transactions mobiles et sur les appareils téléphoniques de moins de 100 dollars. Ce n’est pas envisageable alors que d’après la projection pour 2026, faite par les opérateurs, cela n’engendre aucune perte fiscale pour l’Etat, par rapport aux recettes prévues dans le Projet de loi de finances 2026. Pas de consensus sur le consensus.

J.R

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