Parc Tsimbazaza: lancement d’une mission de sauvetage du patrimoine en péril

A quelques mois de son 100e anniversaire, le Parc botanique et zoologique (PBZT) de Tsimbazaza, ancien fleuron malgache de la recherche et de la conservation, n’est plus que l’ombre de lui-même. Face à la dégradation avancée du site, le gouvernement lance un vaste plan de redressement regroupant plusieurs ministères.

Des vitres de terrariums rafistolées au scotch, des animaux qui ne mangent pas à leur faim, des enclos qui se détériorent, le constat est alarmant. Le PBZT, créé en 1925 par Pierre Boiteau et ses collaborateurs, tombe en décrépitudes.
Mais cette fois, conscientes de l’importance de ce site en matière de protection de biodiversité, les autorités lancent une mission d’urgence destinée à sauver un patrimoine national en péril, à travers la mise en place d’un comité interinstitutionnel de réhabilitation. A ce sujet, trois ministres dont celui de l’Environnement, du Tourisme et de l’Ensei­gne­ment supérieur, ont visité le site récemment dont ceux de l’Economie, de l’Education nationale et de la Culture, tout en annonçant officiellement le début de cette mission qui arrive à point nommé.

« Le parc de Tsimbazaza n’est pas seulement un lieu touristique. C’est un espace scientifique essentiel et une vitrine de notre patrimoine naturel », rappelle le ministère de l’Environnement. Alors que l’établissement peine à fonctionner et ne génère plus les millions d’ariary quotidiens d’autrefois, l’urgence s’impose. En octobre 2024, le vol d’une dizaine de tortues endémiques du parc avait déjà révélé une faille de sécurité flagrante.

Trois priorités

Cette opération de sauvetage fixe trois priorités : ré­ha­biliter les infrastructures, sécuriser les enclos­ et mo­derniser les outils de recherche. Le ministère de l’En­seignement supérieur et de la recherche scientifique (Mesupres), tutelle scientifique du parc, insiste sur la dimension académique du projet. Tsimbazaza reste l’un des rares lieux où coexistent collections historiques, laboratoires et espèces endémiques.
Le ministère de la Com­mu­nication et de la culture (MCC) , lui, entend redorer le blason des musées du site. La création de cette « task force » témoigne de cette vo­lonté claire de réinventer le parc, avant son centenaire. Les propositions du comité devront être finalisées ra­pidement pour définir une stratégie commune. Un chan­­tier colossal s’annonce.

Fahranarison

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