A découvert

Depuis quelque temps, un phénomène pour le moins inquiétant s’installe doucement. Il s’agit des correspondances administratives qui se retrouvent sur les réseaux sociaux telles quelles sans même que les fameuses traces « en-tête » ne soient masquées. L’administration se retrouve ainsi littéralement à découvert, exposée sans le moindre filtre.
A l’heure où l’information circule à une vitesse grand V et où la course au scoop semble dicter la loi, il est vrai que c’est difficile de contenir certaines fuites, même lorsqu’elles concernent des documents sensibles. Mais cela ne justifie pas de jeter en pâture au grand public des correspondances internes. Il existe d’autres manières de le faire. Dans cette situation, les responsabilités sont partagées. Il y a d’abord ceux qui transmettent ces documents, souvent des responsables ou des agents ayant accès à des informations confidentielles. Puis il y a ceux qui les relaient sur les réseaux sociaux pour attirer l’attention.
Pourtant, les uns comme les autres ne peuvent ignorer qu’ils ont des devoirs. Les premiers, souvent des fonctionnaires, sont soumis à une obligation de réserve et doivent respecter les règles liées à leurs fonctions. Les seconds, qu’ils soient journalistes ou simples internautes, devraient au minimum respecter les principes élémentaires d’éthique et de responsabilité. En réalité, toute personne qui relaie des informations administratives, sensibles ou non, devra porter une part de responsabilité.
Mais au-delà de l’éthique individuelle, cette situation met surtout en lumière des failles dans notre administration. Elles révèlent un manque de rigueur dans la gestion des documents, une légèreté dans la transmission de l’information et parfois même une absence de contrôle. C’est regrettable, non seulement pour l’image de l’administration mais surtout pour son efficacité car finalement, la transparence ne signifie pas l’anarchie, et le droit à l’information ne justifie pas l’exposition brutale de données sensibles.

Rakoto

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