Comment optimiser son capital humain pour rester compétitif à l’échelle mondiale ? Le Global Talent Competitiveness Index (GTCI) 2025 en apporte des éclairages. Il identifie les principaux axes de gestion des talents qui permettent de classer les pays selon leur performance en matière d’attraction, de développement et de rétention des compétences. Nous décortiquons ce rapport pour vous.
L’Indice mondial de compétitivité des talents s’appuie sur six piliers qui permettent de classer les pays selon leur performance en matière de gestion des talents. Le pilier “Enable” fait référence à tout ce qui crée un environnement favorable au développement et à l’épanouissement des talents, notamment le cadre institutionnel, la régulation, l’ouverture du marché et les infrastructures. Le pilier “Attract” évalue la capacité d’un pays ou d’une organisation à attirer et recruter des talents, qu’ils soient locaux ou internationaux. Il prend en compte les politiques d’immigration, l’ouverture économique et sociale, ainsi qu’un marché du travail compétitif offrant des opportunités professionnelles, des salaires attractifs et des conditions de travail motivantes.
Le pilier “Grow” du GTCI 2025 fait référence au développement des talents. Il englobe la formation et le renforcement des compétences des individus tout au long de leur parcours professionnel. Cela comprend l’éducation initiale (écoles, universités et programmes de base pour acquérir les compétences fondamentales), la formation continue, ainsi que l’apprentissage tout au long de la vie. Le pilier “Retain” désigne la capacité d’un pays à retenir ses talents sur le long terme en offrant un environnement attractif et stable. Il englobe plusieurs aspects clés, tels que la qualité de vie (sécurité, logement, loisirs, équilibre entre vie professionnelle et vie privée), le bien être et la santé, la stabilité institutionnelle et économique, ainsi que l’attractivité à long terme, incluant les opportunités d’évolution professionnelle, la reconnaissance et la possibilité de construire une carrière durable.
Les deux derniers piliers sont “Vocational and Technical Skills” et “Generalist Adaptive Skills”. Le premier, Vocational and Technical Skills, concerne les compétences techniques et professionnelles : des aptitudes orientées vers l’emploi, pragmatiques, souvent techniques ou manuelles. Le second, Generalist Adaptive Skills, désigne les compétences transversales et adaptatives, telles que les soft skills, la communication, la collaboration, la pensée critique, la flexibilité, la maîtrise des outils numériques et la capacité d’innovation et d’adaptation, essentielles pour faire face aux disruptions contemporaines comme l’intelligence artificielle ou les évolutions rapides du marché du travail.
Efficacité des systèmes de gestion
Selon le GTCI 2025, la compétitivité des talents ne dépend pas seulement du montant des investissements, mais aussi de la stratégie et de l’efficacité des systèmes de gestion des talents. Le rapport met en lumière que ce ne sont pas forcément les pays les plus riches qui performent le mieux, mais ceux qui savent organiser leurs systèmes (institutions, éducation, politiques d’attraction et de rétention de talents) de manière efficace. Les pays à hauts revenus, en particulier en Europe du Nord, dominent le classement. Singapour occupe la première place, suivi de la Suisse, du Danemark, de la Finlande, de la Suède, des Pays-Bas, de la Norvège, du Luxembourg et des États-Unis. Les Etats-Unis ont perdu plusieurs positions par rapport à 2003, où ils figuraient encore à la troisième place. L’étude souligne également que le futur du travail mondial ne repose plus uniquement sur les compétences techniques, mais intègre de plus en plus des compétences transversales et adaptatives.
Concernant le paysage africain, quelques pays se démarquent nettement, à l’image de Maurice (49ᵉ, 49.70), des Seychelles (50ᵉ, 49.64) et de l’Afrique du Sud (79ᵉ, 41.19), qui figurent parmi les leaders du continent grâce à des politiques de gestion des ressources humaines plus structurées, des institutions plus solides et un environnement socio-économique relativement stable. À l’opposé, plusieurs pays se retrouvent en bas du classement, notamment le Tchad (135ᵉ, 19.87), le Niger (134ᵉ, 20.05) et la République démocratique du Congo (133ᵉ, 21.44). Avec un rang de 131ᵉ sur 135 pays et un score de 22,97, Madagascar figure parmi les nations les moins performantes du GTCI 2025, se positionnant au quatrième rang en partant du bas parmi les pays africains évalués.
Le rapport GTCI analyse principalement la manière dont les pays développent, attirent et retiennent leurs talents. Il constitue une ressource pour les décideurs souhaitant comprendre la compétitivité mondiale des talents et élaborer des stratégies pour dynamiser leurs économies. L’édition 2025 est placée sous le thème “La résilience à l’ère des bouleversements”. Elle examine surtout comment les nations et les économies mettent en place des systèmes de gestion des talents capables de résister aux multiples bouleversements auxquels sont confrontés les individus et la société. L’un des axes majeurs mis en avant dans le GTCI 2025 est celui des compétences adaptatives et transversales. Elles regroupent les soft skills, l’agilité cognitive, la capacité d’innover, de collaborer et de s’adapter à des environnements en constante transformation. Elle introduit également de nouveaux indicateurs liés à l’intelligence artificielle, au bien-être au travail et à la résilience, y compris financière, des ménages.
Nambinina Jaozara




