Aux risques et aux périls de leur vie

Les quartiers situés dans les zones basses de la Capitale sont à nouveau confrontés aux problèmes d’évacuation d’eau. D’aucuns ignorent qu’ils sont régulièrement inondés à cha­que épisode pluvieux. C’est le quotidien des habitants de ces quartiers en cas de fortes pluies.
Effectivement, après les pluies de ces derniers jours, les eaux ne vont pas tarder à monter. On sera alors obligé de patauger dans des eaux immondes où les risques d’attraper toutes les maladies possibles et imaginables sont énormes. Ce sont les enfants qui en sont les principales victimes.
Tout le monde sait quelles en sont les causes : Le manque de civisme de la population qui utilise les ca­naux d’évacuation d’eau comme dépotoir de toutes les ordures, les constructions illicites sur les voies d’évacuation … . Mais nous sommes en démocratie et chacun peut agir comme bon lui semble.
Bien sûr, des efforts ont été faits avec les travaux de curage réalisés au niveau de certains grands canaux qui traversent la Capitale. Mais ces efforts sont insuffisants comparés à l’immensité des travaux à parfaire. D’ailleurs, il faut reconnaître que les moyens mis en œuvre sont insuffisants.
En fin de compte, les habitants dans ces zo­nes basses n’ont pas le choix. Ils doivent s’habituer à vivre avec tous les désagréments qui en sont indissociables. Et à la moindre goutte de pluie, l’éventualité d’une inondation est toujours ancrée dans la tête de la population.
Mais un malheur n’arrive jamais seul. Si la pluie continue à tomber ces prochains jours, on a fort à craindre d’un autre danger. C’est une me­nace qui plane sur certaines zones de la Capitale pendant la période des pluies. Il s’agit des ris­ques d’éboulement dans les zones élevées d’An­tananarivo.
Les ruissellements d’eau suite à des pluies intermittentes sont à l’origine de la fragilisation du sol. L’érosion qui s’en suit facilite le détachement de certains blocs de pierre sur les hauteurs qui dégringolent sur la pente en écrasant tout sur leur passage (maison d’habitation et habitants).
Il va sans dire que ces éboulements provoquent un véritable désastre. Dans les années passées, ce phénomène a entrainé de nombreuses victimes. L’une des solutions à ce danger consiste à évacuer toute la population qui pourrait se trouver sur la trajectoire de ces blocs de pierre.
Mais ce n’est pas toujours possible. Il y a toujours des entêtés qui n’acceptent pas de quitter leur demeure malgré le danger. Des fois, on est forcé de les dégager de là, manu militari. Et comme on ne peut pas effectuer une fouille complète de toutes les maisons d’habitation me­nacées, ceux qui restent le font aux risques et aux périls de leur vie.

Ranaivo Lala Honoré

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