Une concertation nationale, pour qui, pourquoi et sur quelle base ? Voilà autant de questions qui doivent précéder et orienter les procédures décisionnelles. Avant d’entrer dans le vif du sujet et de discuter les grandes lignes de la Refondation, sur toutes les lèvres, la population a le droit de savoir à quelle sauce elle va être mangée et surtout, à quelles fins. Il ne doit y avoir aucune ambiguïté à cet égard, sans équivoque.
Depuis quelques années, pour ne pas dire quelques décennies, non seulement à Madagascar mais également sur le continent, en proie aux crises politiques récurrentes, la concertation nationale est devenue le modèle de résolution des conflits, avec la participation de toutes les forces vives y compris les citoyens. Et sur le papier, c’est prometteur et encourageant. Mais dans la réalité, cela ressemble parfois à une foire aux ambitions où chaque groupe et parti politique tente de faire passer ses idées et plans, laissant les aspirations populaires de côté. Et la résolution des crises successives de 2003, 2009 et 2010 en est le mauvais exemple.
Cette fois, pourtant, le gouvernement promet une approche nouvelle, en procédant depuis la base, à commencer par les fokontany, les communes et les districts. Leurs propositions et attentes sont à inclure dans le rapport de la synthèse de la concertation. C’est louable d’être à l’écoute de la population dans les fokontany, les villages, à condition que leur vision de la Refondation sera prise en compte, pour ne pas rester encore une fois lettre morte.
D’ailleurs, un document attribué aux chefs d’Eglise circulant sur la toile, évoque des thèmes ambitieux tels que la bonne gouvernance, la réforme constitutionnelle ou encore l’éthique publique, responsabilités des dirigeants… De quoi faire rêver tout citoyen, ras-le-bol d’écouter les mêmes refrains depuis vingt ans.
Mais, il y a toujours un « mais » en politique. Pour certains acteurs politiques, cette concertation ressemble moins à un espace de réflexion qu’à une salle d’entraînement. On y vient montrer ses muscles, faire acte de présence. Entre une démarche sincère de consultation et des calculs politiques, que restera-t-il vraiment de la volonté populaire ? Pour qui, pourquoi et sur quelle base ?
Rakoto




