Internet à Madagascar: le secteur en plein essor, mais la fracture numérique persiste

Le secteur numérique malgache est en pleine croissance, mais le chemin vers un accès équitable reste long. Malgré une baisse notable du coût de la data et l’arrivée de nouveaux acteurs, l’Internet demeure encore trop cher pour une grande partie de la population, en particulier rurale.

Selon les données récentes livrées par la Banque mondiale à Madagas­car, lors de la revue de son portefeuille à Madagascar la semaine passée, le prix moyen d’un forfait de 2 Go représente 6,3 % du revenu national par habitant, soit presque le double de la moyenne régionale (3,5 %)”.
Ce tarif reste loin du seuil de 2 % recommandé à l’échelle internationale. La couverture 3G/4G atteint 68 %, bien en dessous des 85 % observés dans la région. Seule la vitesse moyenne en zone urbaine tire son épingle du jeu, avec 151 Mbps, un niveau supérieur à celui de nombreux pays voisins.
Une dynamique positive est toutefois enclenchée.
“ Entre 2021 et 2024, le coût d’un petit forfait Internet a été divisé par près de trois, passant de 16,4 % à 6,3 % du revenu national par habitant”.
Cette baisse résulte directement de plusieurs réformes engagées pour libéraliser le marché et casser les positions dominantes. En 2021, Telma détenait encore 60 % du marché. Trois ans plus tard, les parts se répartissent désormais entre Yas (47 %) et le duo Orange– Airtel (53 %).

Changements structurels

Les autorités ont mené des changements structurels : ouverture du backbone na­tional et des câbles internationaux à la concurrence, adoption du régime de licences unifiées, modernisation des règles d’interconnexion, réduction de la taxe d’accise de 10 % à 8 %, et création d’une licence spécifique pour permettre l’arrivée de Starlink. Plusieurs ISP régionaux émergent également, renforçant la dynamique.
Ces mesures ont produit un effet immédiat. L’indice de concentration du marché (HHI) est passé de 4 600 à 3 434, signe d’une plus grande pluralité d’acteurs. Les prix de détail connaissent une tendance à la baisse, stimulée par la concurrence. Par ailleurs, les investissements dans la fibre et le dernier kilomètre améliorent progressivement la qualité de service dans les grandes agglomérations.
Mais les défis restent nombreux. Selon les propos de Atou Seck, country manager de la Banque mondiale
a madagascar, “L’accès de­meure limité dans les zones rurales, où les infrastructures sont insuffisantes et les revenus plus faibles”. Pour la majorité des jeunes et des ménages vulnérables, l’Internet reste un luxe.

Arh.

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