Méfiance

La concertation na­tionale en vue de la Refondation de la Ré­publique de Madagas­car sera lancée officiellement le mercredi 10 décembre. D’au­cuns ignorent que cette con­certation nationale qui durera 6 mois sera organisée sous l’égide de la FFKM.
La parole sera donnée au peuple, dit-on. Mais seulement, on se pose la question de savoir si ce peuple sait exactement ce qu’il veut. Il faut savoir que seule une population bien éduquée peut identifier et revendiquer pertinemment ce dont elle a besoin. Est-ce bien le cas de la population malgache aujourd’hui ? Le dou­te est encore permis.
Quoi qu’il en soit, de nombreuses questions se posent préalablement à cette con­certation nationale. En­tre autres, le fait que la concertation soit organisée sous l’égide de la FFKM soulève déjà des contestations, sans parler des sources de fi­nancement qui pour l’instant demeurent in­connues.
Effectivement, la FFKM ne peut pas prétendre représenter à elle seule, l’autorité mo­rale du pays. Il en existe beaucoup d’autres. Ne faudra-t-il pas les intégrer dans le comité d’organisation afin de dissiper toute velléité d’exclusion. L’appro­priation unanime des résultats en dépend.
Certes, la FFKM a toujours été sollicitée lors des différentes crises sociopolitiques que le pays a connues. Mais à vrai dire, peut-on déclarer catégoriquement qu’à chaque fois, ses interventions ont été couronnées de succès ? Il appartient à chacun d’y répondre.
Qui y participeront ? On avance que les participants seront issus des différentes régions et localités. Autrement dit, la concertation nationale débutera au niveau des fokontany. L’idée en soi n’est pas mauvaise. Mais les différentes expériences vécues ont montré les limites d’un tel système.
Au lieu d’avancer des propositions vraiment concrètes, bien souvent, ces concertations se limitent à des doléances. Ce qu’il faut limiter autant que faire se peut. Et au final, on se rend compte que les idées retenues ne sont pas celles de la population mais celles des organisateurs.
Et c’est pourquoi, dans la majorité des cas, la population se sent exclue car les idées qu’elle a avancées n’ont pas été prises en compte. C’est d’ailleurs l’une des raisons pour lesquelles la population présente un certain dé­sintérêt à ce type d’organisation car les propositions et décisions retenues sont loin de refléter leurs véritables souhaits.
Il faut également remarquer que, dans de telles circonstances, beaucoup de personnes manifestent des idées sur la tenue d’une con­certation de ce genre. Elles s’activent ainsi dans l’espoir de pouvoir intégrer l’organisation déjà en place. Pour ces gens-là, l’objectif est de se caser et de soigner leurs images et non pas la recherche du bien commun. Méfiance.

Ranaivo Lala Honoré

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