Déconcertation nationale !

Franchement, en tant que nouveaux visages du pouvoir en place, parmi les pères fondateurs de la future Refondation, sur qui reposent l’espoir de tout un peuple, ils sont censés être présents à cette ouverture officielle et solennelle de la concertation nationale, le point de départ du renouveau. Mais, ni le président de la République de la Refondation ni le Premier ministre n’ont fait honneur de leur présence. Ils ont brillé par leur absence au CCI Ivato qui ne passe pas inaperçue, suscitant tant de commentaires et d’interrogation.
Et dire qu’il s’agit uniquement d’une question d’organisation, comme justificatif d’absence, c’est un peu tiré par les cheveux. On n’ira pas jusqu’à dire qu’entre l’Etat et le FFKM, le courant passe déjà mal et qu’un profond malaise commence à s’installer. L’opinion se demande même si le fait d’inviter l’ancien président Andry Rajoelina, y est pour quelque chose, qui n’a pas été convenu au préalable, tout en sachant qu’on parle d’une concertation nationale mais non pas d’une réconciliation nationale inclusive.
Pour le moment, la conjoncture actuelle ne donne pas cette impression, qui plus est, la République de la Refondation a confié l’organisation de cette grande rencontre nationale aux Chefs d’église. En principe, ces derniers disposent de toute la latitude et de l’autorité morale, pour organiser au mieux ce rendez-vous et le choix des invités, sans se référer aux autorités publiques, sauf si l’Etat a changé d’avis et veut avoir un droit de regard sur les tenants et aboutissants de cette fameuse concertation nationale.
On n’ira pas non plus jusqu’à dire que suite à ces absences remarquées des chefs de l’Exécutif, le début du processus de concertation nationale, n’est pas crédible. Mais faire faux bond alors qu’il s’agit d’un événement ô combien important dans l’histoire du pays à l’heure de la Refondation, est politiquement incorrect. Quand même, les deux parties devraient accorder leurs violons sur certains points, pour ne pas laisser place à la déconcertation nationale.

Andry Rabeson

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