Orge malgache: une filière dynamique, mais fragilisée

Depuis près d’un demi-siècle, l’usine Malto, filiale de Star et unique malterie de Madagascar, s’appuie sur un vaste réseau d’agriculteurs, pour produire un malt 100 % malgache, le principal ingrédient qui entre dans la fabrication de bières emblématiques du pays. Chaque année, des dizaines de milliers d’exploitants agricoles participent à cette chaîne de valeur devenue stratégique pour l’économie nationale.
Selon la Star, « en 2024-2025, plus de 20.000 agriculteurs ont encore bénéficié de ce partenariat qui fait de l’orge une culture alternative porteuse ».
Et l’année 2025 a été exceptionnelle. « Dans les régions de Vakinankaratra, Amoron’i Mania et Matsiatra Ambony, la collecte a atteint plus de 11.300 tonnes, un niveau record pour Malto ». Cette performance confirme le potentiel de l’orge de contre-saison, une plante à cycle court qui s’intègre facilement dans les pratiques agricoles locales.
La filière séduit les producteurs grâce à divers avantages : prix d’achat stable, préfinancement des intrants, encadrement technique continu, formations régulières et même une assurance contre les pertes de récolte. À cela s’ajoutent les actions sociales menées chaque année dans les zones d’intervention.

Une filière menacée par la surtaxation
Razanamparany, agriculteur d’Ambatofinandrahana et partenaire de Malto depuis trois décennies, souligne que « Ce partenariat nous aide énormément, surtout pendant les périodes agricoles difficiles. Il nous a aussi permis de construire une maison et d’acheter des zébus ».
Ce tableau positif cache toutefois une inquiétude grandissante. La hausse progressive des droits d’accise sur la bière, plus de 293 % en cinq ans, commence à ébranler l’ensemble de la chaîne. Cette fiscalité alourdie renchérit le prix final des bières, un produit déjà sensible pour des consommateurs au pouvoir d’achat limité.
Pour les exploitants agricoles comme pour les milliers d’emplois directs et indirects du secteur brassicole, la situation devient préoccupante. Une baisse durable de la consommation se traduirait par une réduction des volumes d’orge collectés, fragilisant une filière qui, jusqu’ici, contribuait efficacement aux revenus ruraux et au développement régional.

Arh.

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