Dans un contexte marqué par une crise politique ayant fragilisé les institutions et ralenti l’activité économique, Madagascar engage une refondation visant à stabiliser le pays et à réorganiser son économie.
Entre redressement du monde rural, modernisation des services publics, assainissement des marchés et décentralisation, le pays cherche à articuler reconstruction institutionnelle et relance productive afin de sortir durablement de l’instabilité.
Le pari d’une relance fondée sur la refondation nationale
La crise récente a révélé l’ampleur de la fragilité économique, raison pour laquelle le redressement passe d’abord par la restauration de la confiance. Les services publics doivent retrouver leur continuité, car la fiabilité de l’électricité, de l’eau ou des infrastructures conditionne directement les coûts pour les entreprises et la dynamique des activités. La stabilité du cadre général redevient ainsi un préalable incontournable pour attirer les investisseurs et offrir une visibilité minimale aux acteurs économiques.
La relance repose ensuite sur une orientation qui valorise les forces internes du pays. Madagascar demeure largement rural et dépend fortement de son agriculture, de sa pêche et de ses petites productions locales. Plusieurs analyses insistent sur le fait que la fragilité du monde rural compromet l’ensemble de l’économie nationale, et cette approche est clairement soulignée dans les travaux du Professeur Eugène Mangalaza, qui met en avant la nécessité de sécuriser les zones de production, de moderniser les filières et de professionnaliser les métiers ruraux. Lorsque les campagnes sont mieux équipées et connectées, elles deviennent des pôles de croissance capables de soutenir la relance globale.
L’assainissement du fonctionnement des marchés constitue un autre levier majeur. Pendant de longues années, des pratiques opaques ont limité la concurrence et freiné l’émergence d’entreprises compétitives. L’idée d’un cadre plus transparent et plus équitable, indispensable à la montée en puissance du secteur privé, rejoint également les analyses du Professeur Eugène Mangalaza, qui souligne que le développement repose sur des règles claires et sur la réduction des distorsions économiques structurelles.
La transformation de l’économie passe aussi par une modernisation profonde de l’État. La digitalisation des démarches administratives réduit les délais et les coûts pour les entreprises et contribue à rétablir un climat plus favorable à l’investissement. Cette dimension structurelle rallie les constats du Professeur Eugène Mangalaza, qui insiste sur la nécessité de rendre l’administration plus efficace pour soutenir l’activité économique et éviter que la bureaucratie ne freine le dynamisme du secteur privé.
La refondation institutionnelle intègre également la question de la décentralisation. Madagascar a longtemps souffert d’une centralisation excessive qui limite le développement régional. Le débat sur une redistribution plus équilibrée des responsabilités entre l’État central et les collectivités territoriales figure parmi les axes d’analyse du Professeur Eugène Mangalaza, qui évoque régulièrement l’importance d’un modèle institutionnel capable de mieux refléter les réalités économiques locales.
La transformation du capital humain constitue un autre pilier de la relance. Le renforcement de l’éducation, la diversification des filières professionnalisantes et l’accès élargi au numérique créent les conditions d’une main-d’œuvre plus productive. Cette idée coïncide avec les analyses du Professeur Eugène Mangalaza, qui souligne que le développement repose avant tout sur les compétences disponibles et sur la capacité du pays à former une génération adaptée aux nouveaux besoins de l’économie.
L’ensemble de ces orientations converge vers un même objectif. Madagascar ne cherche pas seulement à surmonter une crise politique mais à engager une transformation profonde pour sortir durablement de la fragilité. La refondation nationale se présente ainsi comme une base de reconstruction économique, fondée sur des institutions plus efficaces, un environnement plus stable et un secteur privé capable de jouer pleinement son rôle dans la croissance.
La réussite dépendra toutefois de la cohérence des réformes, de la mobilisation des ressources et de la capacité de l’État à coordonner son action avec les acteurs économiques. La reconstruction institutionnelle et la relance productive avancent de manière indissociable et détermineront la trajectoire que le pays adoptera dans les prochaines années.
Tiana Ramanoelina




