Disparition de 36 kg d’or: le ministère des Mines sort de son silence

L’affaire de la disparition de 36 kilogrammes d’or au sein du ministère des Mines refait surface et suscite de vives réactions sur la scène politique et institutionnelle. Les faits remontent à juin 2022. Lors d’un inventaire effectué à l’occasion d’une passation de service, le personnel du ministère a constaté une anomalie grave : l’or conservé dans le coffre-fort officiel avait été remplacé par de simples objets métalliques.

Face aux rumeurs persistantes et aux interro­gations publiques, le ministère des Mines a publié un communiqué officiel pour clarifier sa position. Il affirme que le dossier n’a jamais été étouffé et qu’il a été transmis aux autorités judiciaires compétentes.
« Cette affaire a déjà fait l’objet d’un traitement judiciaire et une décision de justice a été rendue », précise le ministère, rejetant toute accusation de dissimulation.
Dans son communiqué, le département ministériel martèle sa détermination de promouvoir la transparence et de moderniser la gestion des ressources minières. « Le ministère des Mines n’a aucune intention de couvrir des actes répréhensibles », souligne-t-il. Aussi, ce département mi­nis­tériel ajoute que la réforme du secteur minier constitue un axe stratégique pour renforcer la lutte contre la corruption et améliorer la gouvernance publique.
Le ministère appelle également à la collaboration de tous. « Toute personne disposant d’informations utiles relatives à cette affaire est invitée à les transmettre à la justice », indique le communiqué. Une manière, selon lui, de garantir que la vérité soit établie dans le respect des procédures légales.

Gouvernance,transparence…

Cependant, cette position officielle ne suffit pas à apaiser les tensions. Le président de l’Assemblée nationale, Siteny Randrianasoloniako, a haussé le ton. Il estime que le Parlement pourrait in­tervenir si les explications fournies par l’Exécutif sont jugées insuffisantes. « Si le ministère n’agit pas de manière satisfaisante, une enquête parlementaire sera engagée », a-t-il déclaré.
Le chef de la Chambre basse affirme par ailleurs que l’affaire concerne d’anciens hauts responsables de l’Etat. Il cite notamment l’ancien Premier ministre Chris­tian Ntsay qui, selon lui, devra apporter des éclaircissements. « Des explications officielles sont nécessaires pour tirer cette affaire au clair », insiste Siteny Randrianaso­loniako.
Plus de deux ans après les faits, la disparition des 36 kg d’or demeure un dossier sensible. Entre procédures judiciaires, pressions politiques et attentes de l’opinion publique, cette affaire met une nouvelle fois en évidence les défis liés à la gouvernance des ressources minières à Madagascar.

Arh.

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