Les coupures d’eau et d’électricité ont déclenché de violentes manifestations conduisant à la chute du précédent régime. Après deux mois de mission à tout risque, le ministre ministre de l’Energie et des hydrocarbures Ny Ando Jurice Ralitera est particulièrement attendu au tournant…
Face aux défis structurels qui fragilisent depuis plusieurs années le secteur énergétique malgache, le ministère multiplie les efforts pour restaurer la capacité de production et renforcer les réseaux de transport et de distribution.
Des mesures d’urgence
Dans l’immédiat, les efforts se sont concentrés sur la remise en service et l’opérationnalisation des centrales thermiques. A Ambohimanambola, la centrale affiche actuellement une production de 20 MW, avec une montée en puissance prévue à 24 MW d’ici la fin du mois de janvier. Parallèlement, la réparation progressive d’autres unités thermiques permet déjà d’atteindre une production de 47 MW, avec un potentiel estimé à 60 MW à court terme.
En dehors d’Antananarivo, des travaux de réhabilitation et l’acquisition de nouveaux groupes électrogènes viennent renforcer l’offre énergétique dans plusieurs régions, afin de limiter les déséquilibres territoriaux.
Mix énergétique
Au-delà de l’urgence, le ministère inscrit son action dans une vision plus globale du secteur. La maîtrise de l’énergie passe, selon les autorités, par une gestion intégrée de la production, du transport et de la distribution de l’électricité.
Cette stratégie repose notamment sur le développement d’un mix énergétique où le solaire occupe une place centrale. Le projet solaire de 50 MW illustre cette orientation. Prochainement, 43,5 MW seront injectés dans le réseau national à partir de quatre sites : Ambatomirahavavy, Ilafy, Mangatany et Ampangabe.
Sur le plan financier, le règlement des dettes croisées entre l’Etat et les compagnies pétrolières lui a permis de récupérer près de 160 milliards d’ariary, offrant ainsi une marge de manœuvre supplémentaire pour les investissements prioritaires.
Sur le volet administratif, le déblocage de projets hydroélectriques d’envergure marque une étape importante. Les projets de Ranomafana (64 MW) et de Sahofika (192 MW), longtemps en attente, seront relancés, renforçant les perspectives de production à moyen et long terme.
Autoproduction et solutions alternatives
Le ministère encourage également l’autoproduction à travers l’utilisation de kits solaires par les ménages et les entreprises. Cette approche permettrait de soulager les réseaux de transport, tout en favorisant l’autonomisation énergétique des foyers. L’optimisation des centrales solaires existantes et l’hybridation des sites de la Jirama dans les régions s’inscrivent dans cette même logique.
T.R.




