Deux mois après la prise de fonction du gouvernement, les attentes autour du processus de refondation de la République se heurtent aux tensions politiques et aux ambitions électorales. En déplacement à Antsiranana, le colonel Michaël Randrianirina, président de la refondation de la République, dénonce des manœuvres susceptibles de freiner la concertation nationale.
La sortie du professeur Jonah Ratsimbazafy à l’encontre de certains acteurs politiques, sur sa page Facebook n’était finalement qu’un prélude. A son tour, le colonel Michaël Randrianirina est monté au créneau pour dénoncer ce qu’il considère comme des calculs politiques à visée électorale, susceptibles de compromettre le processus de refondation de la République.
Alors que l’évaluation et le bilan de ce processus étaient attendus du côté de Mahazoarivo, deux mois après l’entrée en fonction du gouvernement, c’est depuis Antsiranana, mardi, devant un parterre d’opérateurs économiques de la ville, que la réponse est venue. En visite présidentielle de deux jours dans la capitale du Nord, le président de la refondation dresse un constat sans complaisance : « Le calcul politique bloque la concertation nationale pour la refondation », affirme-t-il.
Plus explicite encore, le colonel Michaël Randrianirina pointe du doigt « certains partisans du régime » qu’il accuse de s’attaquer sur les réseaux sociaux, contribuant ainsi à un climat de tension. Des frictions d’autant plus exacerbées que plusieurs partis politiques, autrefois alliés, s’apprêtent désormais à s’affronter lors des prochaines échéances électorales.
Dans ce contexte, le parti Tiako i Madagasikara (TIM) avance à découvert, notamment après les déclarations de son président Marc Ravalomanana sur les ambitions et les intentions politiques de sa formation. Par ailleurs, la légitimité de certaines figures de l’Exécutif, à commencer par le Premier ministre Herintsalama Rajaonarivelo, continue d’être régulièrement remise en question dans l’arène politique.
Malgré ces querelles, qui pourraient devenir un véritable facteur de blocage, le président de la refondation se veut ferme. « Nous nous sommes déjà engagés et personne ne pourra nous retenir. Le sang versé par nos jeunes ne sera pas vain », déclare-t-il, adressant ainsi une mise en garde à l’ensemble de la classe politique.
T.R.




