Réseaux sociaux: liberté d’expression et menace de poursuites

La liberté d’expression, l’un des piliers fondamentaux du processus démocratique, est-elle menacée sur les réseaux sociaux ? N’a-t-on plus le droit de critiquer vivement le travail des dirigeants et des élus et quel est le degré de la liberté avec laquelle on peut s’exprimer ? Le communiqué de la direction de la communication de la présidence annonçant l’engagement des poursuites à l’encontre des personnes qui ont franchi la ligne rouge, suscite beaucoup d’interrogations et d’inquiétudes.

A l’heure où les réseaux sociaux transforment l’interaction citoyenne avec la politique, les internautes se déchainent suite au communiqué de la Présidence brandissant des menaces de poursuites judiciaires contre les internautes qui outrepassent les restrictions légales en matière de liberté d’expression. C’est-à-dire des personnes auteurs de propos injurieux, diffamant et calomnieux, portant atteinte à la dignité humaine.

Garant du pluralisme d’opinion
D’après la Présidence, la liberté d’expression existe à Madagascar, tout en soulignant que les citoyens peuvent s’exprimer librement sur les affaires nationales. Elle juge même certaines critiques «justifiées et constructives» à l’égard de l’action gouvernementale.
Le régime en place rappelle toutefois que cette liberté doit s’exercer dans le respect des lois en vigueur. Il dénonce en particulier les abus sur les réseaux sociaux, impliquant des individus résidant au pays et à l’étranger, sans oublier les pages et les comptes fake. Ces abus prendraient la forme d’insultes publiques, d’atteintes à la dignité humaine et d’incitations à la haine visant des hauts responsables de l’Etat.

Préserver le respect
Selon les explications, les dispositions de la loi n° 2014-006 et de la loi n° 2016-031 contre la cybercriminalité, prévoient des sanctions pénales à l’encontre des personnes, comptes ou plateformes qui se rendent coupables de ces actes, y compris lorsque des institutions de l’Etat sont visés délibérément.
Les réactions virulentes des internautes ne se sont pas fait attendre en dénonçant une tentative des hauts responsables de l’Etat de museler les opposants, empruntant ainsi le même chemin que leurs prédécesseurs. Selon elles, l’arrestation de figures politiques particulièrement actives en ligne, dont Soalihy Moussa, illustre cette velléité répressive du régime de la refondation.
De son côté, Harry Laurent Rahajason se défend de toute mesure dictatoriale en affirmant dans le même communiqué que cette démarche vise à garantir une liberté d’expression exercée dans l’intérêt public, tout en préservant le respect des personnes et des institutions.

Rakoto

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