Mercredi des idées en goguette: A la recherche des fonctionnaires perdus

Et voilà une autre trouvaille. Selon les informations communiquées hier, dans le cadre de la gestion des ressources humaines, un recensement physique de tous les agents de l’État dé­marre dès aujourd’hui. Tout le monde est concerné. Donc, cha­que agent devra être présent et toute ab­sence devra être dû­ment motivée et justifiée.

A première vue, l’idée est plutôt intéressante. Dans un pays où il est de notoriété publique que certains fonctionnaires brillent par leur absence, souvent mystérieuse, met­tre un peu d’ordre ne ferait de mal à personne. Il y a ceux qu’on ne voit jamais au bureau, mais qui, com­me par miracle, apparaissent régulièrement à la banque à la fin du mois. Ce sont les fameux « agents fantômes », ces créatures administratives aussi discrètes qu’efficaces lorsqu’il s’agit de percevoir leur salaire. Rien que pour cela, le recensement mérite des ap­plaudissements.

Car, il faut bien le dire : payer des gens qu’on ne voit jamais travailler, c’est un luxe que même les pays riches hésitent à s’offrir. Alors oui, identifier qui est réellement à son poste et qui a choisi une carrière parallèle dans l’invisibilité administrative, c’est plutôt sain.

Mais là où le bât blesse, c’est qu’en 2025, cette solution ressemble davantage à un retour en arrière qu’à une avancée. Un recensement physique, avec présence obligatoire, listes papier, signatures au stylo et files interminables devant les bu­reaux… Sérieuse­ment ? Al’ère du tout numérique, on en est encore à compter les fonctionnaires comme on faisait l’appel dans les salles de classe.

La vraie question n’est d’ailleurs pas de savoir si les agents fantômes existent. Ils existent, tout le monde le sait. La vraie question est, comment font-ils pour continuer à être payés ? Car s’ils perçoivent leur salaire chaque mois, ce n’est pas grâce à la magie, mais bien grâce à des complicités quelque part dans la chaîne. Un fantôme, par définition, ne signe pas tout seul ses papiers.

Il est donc difficile de croire qu’en 2025, la liste complète des fonctionnaires ne soit pas encore totalement nu­mérisée et mise à jour en temps réel. Il faut donc sérieusement y remédier car plusieurs initiatives ont été déjà faites pour le recensement mais les résultats se font toujours attendre.

Rakoto

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