Transition énergétique: Madagascar réitère son appel aux investisseurs étrangers, à Abu Dhabi

Lors de son intervention au Global Utilities Forum à Abu Dhabi le 13 janvier, axé sur le renforcement de l’investissement et de l’innovation, ainsi que le développement d’infrastructures durables dans les secteurs de l’énergie et de l’eau en Afrique, en Asie et en Amérique latine, le président de la Refondation de la République de Madagascar, Michaël Randrianirina, a affirmé l’ouverture de Madagascar aux investissements étrangers, à condition que ces derniers respectent les normes environnementales requises avec l’implication des communautés locales.

Selon le colonel Michaël Randrianirina, «les projets énergétiques irres­pectueux de l’environnement et ne profitent pas aux populations locales, ne peuvent être durables. L’accès à une énergie propre et fiable permet notamment aux agriculteurs malgaches de transformer et de valoriser leur production, c’est un levier essentiel de justice sociale et de développement économique».
Le président de la Re­fondation veut également relever l’ambition énergétique de Madagascar, qui vise à atteindre 75 % d’énergies renouvelables avant 2030, grâce à la construction de grands barrages hydroélectriques, dont Sahofika et Volobe. «Le temps des discours et des promesses est terminé, il faut passer aux actes», a-t-il lancé.
Dans cette perspective, il a invité les investisseurs présents à ne pas considérer seulement les indicateurs financiers, mais également le potentiel de croissance durable de la Grande île. Il a rappelé que le Sud global constitue un acteur clé dans la lutte contre le changement climatique et la réduction des émissions de carbone à l’échelle mondiale.
En manifestant la volonté de Madagascar d’accélérer la transition énergétique, il a misé sur les importantes ressources naturelles du pays, des projets structurés dans le secteur de l’énergie et sur une volonté politique affirmée. L’objectif recherché n’est pas seulement d’obtenir une promesse d’investissement, mais surtout de mettre en place des partenariats efficaces, axés sur la construction des infrastructures et le transfert de compétences au profit des générations futures.
Dans cette foulée, le colonel Randrianirina encourage les jeunes innovateurs et porteurs de solutions, à proposer des technologies adaptées aux réalités sociales et culturelles locales. Selon lui, Madagascar n’est plus un terrain d’expérimentation, mais un partenaire fiable. Les énergies renouvelables constituent un socle indis­pensable au développement durable et à l’indépendance énergétique du pays
La transition énergétique est ainsi conçue comme un levier d’action. Même si Madagascar dispose d’importantes ressources naturelles, le pays cherche encore à renforcer son leadership et les moyens nécessaires pour déployer des infrastructures adaptées. A ce sujet, le Président a souligné l’intérêt d’un partenariat durable avec les Émirats arabes unis, déjà engagés à hauteur de 4,5 milliards de dollars en Afrique.
Dans cette optique, Ma­dagascar ambitionne de remplacer progressivement les énergies thermiques par des sources renouvelables et de miser sur l’hybridation des centrales existantes, en s’appuyant sur l’expertise des Émirats arabes unis et du groupe Masdar.

Double défi

Malgré cet appel aux investisseurs étrangers dans le domaine de l’énergie renouvelable, Madagascar insiste aussi sur la protection de l’environnement, tout en rappelant la nécessité de respecter les normes internationales et d’intégrer les populations locales dans les démarches. Il a rappelé que près de 90 % de la population malgache, utilise encore le charbon de bois comme principale source d’énergie domestique, qui freine le développement et accentue la pression sur les ressources naturelles.
Selon le Président Mi­chaël Randrianirina, l’accès à l’énergie est un enjeu stratégique, rappelant que les récentes tensions politiques ont été aggravées par les pénuries d’eau et d’électricité. «Il n’y a pas de développement sans énergie», a-t-il affirmé. Et d’ajouter que «le renforcement des infrastructures en la matière et le respect de l’environnement, vont de pair».

N.A

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