La Caf enterre le Chan: un coup dur pour Madagascar et le foot local

Un véritable séisme a secoué le ballon rond africain. Ce samedi à Rabat (Maroc), devant un parterre de journalistes, le président de la Confé­dération africaine de football (Caf), Patrice Motsepe, a lâché la bombe, en annonçant la fin du Championnat d’Afrique des Nations (Chan) qui a servi de vitrine internationale pour certains pays comme Madagascar.

Motsepe a justifié cette décision radicale pour des raisons purement financières.
« Le Chan est un gouffre financier », tout en précisant que l’instance continentale devait se concentrer sur des priorités plus rentables.
A rappeler que le Chan était réservé aux joueurs évoluant dans leur championnat national. Et pour le football africain dans son ensemble, c’est une page qui se tourne. Lancé en 2009, le Chana avait permis à des nations de briller sur la scène continentale, à l’image des Barea de Madagas­car.
Les Barea ont fait du Chan leur véritable vitrine à l’international. Là où la sélection A, avec ses joueurs expatriés, peine souvent à passer le cap de grandes compétitions, l’équipe composée exclusivement de locaux a écrit les plus belles pages récentes du football malgache. Quart de finale en 2021, finale perdue héroïquement face au Maroc en 2025… Cette ascension fulgurante, portée par un collectif soudé et un jeu chatoyant, fait désormais partie de l’histoire.
Désormais, pour promouvoir les talents locaux, Mada­gascar devra se rabattre sur les compétitions interclubs de la Caf, Ligue des champions et Coupe de la Confédération. Mais soyons réalistes : la mission s’annonce diablement plus laborieuse. Nos clubs, issus d’un championnat national qui reste résolument amateur, peinent déjà à franchir les tours préliminaires. Man­que criant de moyens, infrastructures vieillissantes, préparation physique souvent aléatoire… Les ingrédients d’une réussite continentale font cruellement défaut. Sans le Chan, cette fenêtre grande ouverte sur l’extérieur se referme brutalement, et les joueurs malgaches risquent de retomber dans une certaine invisibilité aux yeux des recruteurs étrangers.
Cette décision sonne aussi, presque inévitablement, le glas de l’aventure de Romuald Rakotondrabe (Roro) à la tête de la sélection. L’entraîneur qui a su tirer le meilleur d’un groupe 100 % local et a fait vibrer tout un peuple avec des performances historiques au Chan, voit son principal terrain d’expression disparaître.
Finalement, cette suppression du Chan laisse un goût amer. Elle prive le football africain d’une de ses rares compétitions réellement inclusives, Pour Mada­gascar, c’est plus qu’une perte sportive : c’est un frein brutal à une dynamique qui redonne l’espoir d’un renouveau profond.

Naisa / Soafara Pharlin

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