Industries extractives: de la réforme à l’assainissement du secteur

Madagascar ambitionne de procéder à la réforme de son secteur extractif, pour attirer les investisseurs, renforcer la gouvernance et corriger les dérives, surtout dans la filière aurifère.
Le pays met d’abord en avant ses progrès en matière de transparence. « Les points forts de Madagascar, c’est d’avoir le site web de l’EITI Madagascar qui regroupe toutes les législations sur les industries extractives », a souligné hier Sergio Clerc Marc, directeur exécutif de l’EITI Madagascar, en marge de la présentation publique du Rapport EITI 2023 pour Madagascar au Minning Business Center Ivato.
« Le Code minier de 2023 est disponible en anglais et en chinois sur le site du BCMM. Cette initiative vise à attirer les investisseurs étrangers, sécuriser leurs investissements et renforcer la transparence », a-t-il ajouté.
La modernisation passe aussi par le numérique. « Nous utilisons une plateforme de télédéclaration mise en place en août 2025 pour sécuriser le recueil des données sur les paiements des entreprises et les recettes de l’Etat », précise-t-il. « Les entreprises soumettent en ligne des données fiables sur les licences, les productions, les taxes et les permis miniers ». Mais un défi demeure :
« Le point à améliorer concerne le registre des bénéficiaires effectifs dans le secteur extractif ». Il rappelle que l’EITI regroupe 55 pays membres dans le monde, dont 22 pays africains.

Répartitions

Sur le plan politique, le gouvernement lève le gel sur l’octroi les permis miniers, sauf pour l’or. La décision a été validée en Conseil des ministres le 27 janvier. A ce propos, le ministre des Mines, Carl Andriamparany, justifie cette exception. « Certains se présentent comme des exploitants artisanaux alors qu’ils utilisent des motopompes, des tapis de récupération, des pirogues ou des dragues », dénonce-t-il.
« D’autres utilisent des engins lourds pour une exploitation mécanisée que l’on retrouve en grand nombre dans le pays ». Il révèle aussi un écart majeur : « Seuls 13 kilos d’or sont déclarés officiellement, un chiffre très en largement inférieur à la production réelle ». Il dénonce aussi « des exportations illicites qui privent l’Etat de recettes importantes ».
Une nouvelle procédure encadrera les autres permis. Les opérateurs paieront une contribution au Fonds minier et devront présenter un plan de responsabilité sociétale. L’Etat prévoit aussi des appels d’offres pour certains titres.
Les enjeux économiques sont de taille. Le Rapport ITIE 2023 indique que 88 entités ont généré 475,1 milliards d’ariary de flux au profit de l’Etat et des collectivités. Quatre entre­prises concentrent 93,3% des flux. Le secteur s’affirme comme un pilier budgétaire et territorial, mais sous haute surveillance.

Arh.

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