Ni optimisme, ni effondrement. Le deuxième sondage sur la perception politique et socio-économique à Antananarivo, réalisé par le Collectif des citoyens et des organisations citoyennes (CCOC) entre Novembre et Décembre 2025 met en lumière des citoyens en attente, profondément méfiante envers la classe politique. Ils continuent néanmoins d’accorder leur confiance à des acteurs moraux, civils et médiatiques. Retour sur les statistiques.
Un avenir perçu avec hésitation
Sur les perspectives socio-économiques, la part des citoyens hésitants progresse nettement, passant de 11,3% en février à 15,3% en décembre. Dans le même temps, on observe un léger recul à la fois des pessimistes (42,7% contre 46,2%) et des optimistes (37,6% contre 40%). Cette évolution traduit moins une amélioration de la perception qu’un climat d’attente et de prudence, révélateur d’une fatigue face aux discours politiques et aux promesses non tenues.
Des réformes économiques de moins en moins consensuelles
Le sondage met également en évidence une érosion de l’adhésion aux réformes économiques. Le soutien à l’ajustement des tarifs de l’électricité recule fortement, passant de 68,95% en février à 56,34% en décembre. De même, l’adhésion à la vérité des prix des carburants diminue légèrement (44,82% contre 46,54%). Ces chiffres suggèrent une acceptation de plus en plus fragile de réformes perçues comme coûteuses socialement, dans un contexte de pouvoir d’achat contraint.
Une crise de confiance politique profonde
Le cœur du sondage révèle une défiance marquée envers la classe politique. La proportion de citoyens déclarant ne pas avoir confiance dans le pouvoir en place augmente fortement, atteignant 57,3% en décembre contre 42,1% en février. Plus de la moitié des répondants remettent en cause la légalité (53,4%) et la légitimité (53,7%) du pouvoir actuel.
Fait notable, les dirigeants actuels inspirent moins de confiance (32,7%) que les anciens dirigeants (42,2%), tandis que l’opposition peine également à convaincre (23,4%). Ces données traduisent un rejet du pouvoir en place sans qu’une alternative politique crédible n’émerge clairement.
Le déplacement de la confiance vers des acteurs non politiques
Dans ce climat de méfiance, certains acteurs non politiques apparaissent comme des repères de stabilité. Le FFKM conserve, et même renforce, son rôle d’acteur moral reconnu, avec un taux de confiance en hausse (70,84% en décembre contre 68,61% en février). La société civile bénéficie également d’un regain significatif de confiance, passant de 52,97% à 70%.
Les médias, quant à eux, demeurent des sources d’information jugées crédibles, avec 66,53% des répondants leur accordant leur confiance, confirmant leur rôle central dans un contexte de défiance institutionnelle.
Une désillusion envers la communauté internationale
Autre enseignement marquant : l’érosion de la confiance envers la communauté internationale, qui recule de 63,76% en février à 51,62% en décembre. Cette baisse suggère une désillusion croissante quant à son rôle perçu comme arbitre ou garant du processus politique.
Le CCOC a réalisé un premier sondage sur la perception politique et socio-économique à Antananarivo en février 2025. Le sondage effectué selon la méthode des quotas a couvert l’ensemble des six (06) arrondissements de la capitale, et a pu recueillir l’opinion de 1207 citoyens en âge de voter. La consultation citoyenne vise à capter les tendances des perceptions populaires sur la situation socio-politique et économique du pays et les attentes des citoyens, et outiller les décideurs dans leur prise de décision.




