Tsapiky: un festival à Toliara pour honorer un patrimoine vivant

Le 10 décembre 2025, lors de la 20e session du Comité intergouvernemental pour la sauvegarde du patrimoine culturel immatériel, l’Unesco a officiellement inscrit le Tsapiky (musique traditionnelle originaire du Sud-ouest de Madagascar au rythme atypique), sur la liste du patrimoine culturel immatériel de l’humanité. Cette date est devenue ainsi la Journée nationale du Tsapiky, annoncé lors du dernier conseil des ministres.

Afin de partager cette reconnaissance avec les Mal­gaches, en particulier les communautés qui perpétuent encore ce style, le ministère de la Communica­tion et de la culture (MCC) organise un festival de restitution de deux jours, les 27 et 28 février prochains à Toliara. « Mau­rice a le séga, Madagascar a le tsapiky ». Cette phrase résume l’importance symbolique de ce rythme, désormais porteur d’une identité malgache forte et reconnue à l’échelle internationale. « Cependant, nous souhaitons aller au-delà de la simple célébration et parler davantage de cette musique : son origine, son style et sa signification culturelle. C’est pour cette raison que nous avons organisé ce festival », explique Fenosoa Gascar, ministre de la Communication et de la culture, hier, lors d’une conférence de presse tenue au Palais des Sports et de la Culture Mahamasina.

Le programme
En prélude à cela, le MCC prévoit la mise en place d’un village interculturel, destiné à installer l’ambiance et à valoriser la diversité culturelle malgache. Le 27 février, en présence du président de la Refondation, Michaël Randri­anirina, l’événement s’ouvrira par un carnaval réunissant
les différentes ethnies de Madagascar, vêtues de tenues traditionnelles. Une exposition permettra également aux universitaires ayant mené des recherches sur les us et coutumes, tels que le Sambatra ou le Famadihana, de présenter leurs travaux.
Le point culminant du festival aura lieu le 28 février, avec un grand concert en bord de mer. Entre 20 et 25 artistes sont attendus. « Nous privilégierons surtout les artistes locaux, notamment ceux vivant en milieu rural et qui conservent encore l’authenticité du tsapiky dans leur musique », a précisé le ministre.
Par ailleurs, le MCC envisage d’étendre ce type d’événement à d’autres régions. « Nous commençons à Toliara, berceau du tsapiky. Vers le mois d’août, nous prévoyons d’organiser un festival similaire à Mahajanga ou dans d’autres villes », annonce-t-il.
Enfin, le MCC travaille actuellement sur l’introduction d’autres pratiques culturelles malgaches sur la liste du patrimoine de l’Unesco, notamment le lamba ou le savik’ omby. « Mais ce processus nécessite plusieurs étapes », conclut Fenosoa Gascar.

Holy Danielle

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