Refondation: l’Etat veut passer un pacte moral national avec les citoyens

Lors de l’intervention de Hanitra Razafimanantsoa sur la chaîne nationale, un élément central du processus de refondation de l’Etat, se précise : l’élaboration d’un pacte moral national, présenté comme une réponse à la sortie de crise profonde que traverse la société malgache.

Au-delà des réformes in­s­titutionnelles an­noncées, le ministère d’Etat chargé de la Refon­dation auprès de la Répub­lique, pose un diagnostic sans détour : la société malgache est confrontée à une crise morale et de confiance, marquée par la perte des valeurs civiques, la banalisation de la corruption et un fossé grandissant entre l’Etat et les citoyens.
Selon les explications de la ministre d’Etat Hanitra Razafimanantsoa, la refondation ne peut se limiter à des changements constitutionnels. Elle doit d’abord passer par un changement des mentalités. Le pacte mo­ral national s’inscrit ainsi dans une démarche de re­cons­truction éthique visant à restaurer les valeurs de responsabilité, d’intégrité et de redevabilité.
La corruption, la mauvaise gouvernance et l’affaiblissement des services publics, sont perçus comme les symptômes d’un malaise plus profond, nécessitant une réponse collective et morale. Dans la vision du gouvernement, le pacte moral ambitionne de devenir un socle de valeurs partagées, engageant aussi bien les dirigeants que les citoyens ordinaires.
Réconcilier l’Etat et le peuple
L’autre enjeu majeur du pacte moral national réside dans la restauration de la confiance entre l’Etat et le peuple. La ministre d’Etat chargé de la Refondation auprès de la République reconnaît que les citoyens ont été marginalisés dans les processus de décision, sollicités principalement lors des périodes électorales ou de crises politiques.
Cette distance a nourri une indifférence, voire une défiance envers les institutions. En réponse, le processus de refondation entend replacer le citoyen au centre, en commençant par les fokontany et les fokonolona, appelés à exprimer leurs préoccupations et leurs aspirations.

Engagement mutuel
Le pacte moral national devient ainsi un engagement mutuel. D’un côté, les citoyens sont appelés à adopter des comportements responsables et à participer activement à la vie publique. De l’autre, les agents de l’Etat doivent s’engager à écouter, à rendre des comptes et à gouverner avec transparence.
Le ministère met également l’accent sur la notion de redevabilité publique, rappelant que les fonctionnaires et les ministres sont des serviteurs du peuple et que les ressources qu’ils gèrent sont des fonds pub­lics. Cette redéfinition du rapport entre administration et citoyens constitue l’un des piliers du pacte moral. La lutte contre la corruption, la promotion de la bonne gouvernance et de l’éthique publique sont ainsi intégrées à cette démarche, avec l’objectif de recréer un climat de confiance durable.
Dans cette perspective, les départements ministériels engagent des concertations sectorielles afin de trouver des solutions à chaque problème. Le ministère de l’Economie et des Finances a déjà lancé le processus en organisant des assises nationales et régionales. Le ministère du Touris­me et de l’artisanat a également entamé le processus. Quant au ministère des Forces armées, il organise aussi des assises militaires durant un mois et les autres départements vont leur emboîter le pas.
En effet, « Ce sont les acteurs au sein de chaque ministère qui connaissent le mieux les problèmes et les solutions concernant les relations entre agents, ou encore les textes et cadres juridiques », indique la ministre d’Etat Hanitra Razafimanantsoa.

Tivo Rasam

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