C’est sous une pluie fine, presque emblématique que l’entreprise Garden & Design a mis un terme définitif, samedi, à l’entretien de la pelouse du stade Barea.
Mickael Lauret, responsable de la société, a publié un communiqué cinglant dans lequel il exprime une profonde déception et une totale incompréhension face à la décision du ministère de la Jeunesse et des Sports d’abandonner la pelouse naturelle au profit d’un gazon hybride.
La passation de service, pourtant prévue depuis la fin décembre, n’a tout simplement pas eu lieu. Les équipes de Garden & Design ont patienté plus de deux heures sur place, sans qu’aucun représentant du ministère ne se manifeste. Ce silence, selon Mickael Lauret, résume à lui seul la façon dont l’ensemble du dossier a été géré.
Pendant deux ans et demi, Garden & Design a investi compétences, ressources humaines et matérielles, pour porter la pelouse naturelle à un niveau répondant aux standards internationaux. Les critères techniques exigés par la confédération africaine de football (Caf) étaient atteints, et les échanges réguliers avec les instances concernées confirmaient que l’homologation était à portée de main.
Ce n’est pas une simple appréciation subjective : les résultats reposaient sur des mesures précises et un suivi constant. La décision soudaine de passer à une pelouse hybride apparaît donc, aux yeux de l’entreprise, comme un recul stratégique incompréhensible. Elle contredit à la fois les performances obtenues, les investissements déjà réalisés et la viabilité prouvée de la solution naturelle.
Plus troublant encore, l’examinateur mandaté par la Caf, avec lequel Garden & Design était en contact permanent, a lui-même manifesté son étonnement face à ce revirement.
Six milliards d’ariary
Sur le plan financier, le contraste est saisissant. L’installation d’un gazon hybride représente un coût minimal de six milliards d’ariary, auquel s’ajoutent des contraintes d’entretien bien plus élevées et une dépendance accrue à des prestataires spécialisés. À titre de comparaison, cette somme équivaut à plus de vingt années de maintenance de la pelouse naturelle actuelle.
Au-delà des aspects techniques et budgétaires, ce dossier met en lumière une problématique plus large. Des décisions prises sans réelle expertise, des responsabilités confiées sans les compétences nécessaires et des orientations imposées sans maîtrise des enjeux concrets.
Comme le souligne Mickael Lauret, avoir une idée ne garantit pas d’en comprendre la mise en œuvre, et détenir le pouvoir ne remplace ni le savoir, ni l’expérience, ni la compétence. Garden & Design quitte ainsi le stade Barea avec le sentiment d’avoir accompli un travail sérieux et rigoureux, sans que cela ait suffi face à des choix perçus comme déconnectés du terrain et des réalités techniques.
Naisa




