Refonte électorale avant les urnes : la ligne dure de la ministre de la Justice malgache

Profitant de son déplacement à Maurice, la ministre malgache de la Justice, Fanirisoa Ernaivo a tenu hier une conférence de presse au cours de laquelle elle a apporté des précisions sur la situation politique et électorale à Madagascar, ainsi que sur les relations avec les partenaires internationaux.

La garde des Sceaux a af­firmé que les partenaires internationaux  n’ont jamais suspendu leurs aides et n’ont jamais remis en cause la légitimité de l’actuelle autorité de refondation. Selon elle, seule l’Union africaine a adopté une position critique, qu’elle qualifie de mécanisme essentiellement politique.
Concernant le calendrier électoral, la ministre a indiqué que « les élections ne pourront se tenir qu’après une profonde réorganisation du cadre juridique électoral ». Celle-ci passera par la révision de la loi électorale, du code électoral et surtout de la liste électorale, jugée « gravement viciée ».
« Une grande partie des électeurs n’est pas inscrite dans la liste électorale, tandis que près de la moitié de cette liste serait com­posée d’électeurs fictifs », a-t-elle déclaré, soulignant la nécessité de réviser en profondeur le fichier électoral avant tout scrutin.
Fanirisoa Ernaivo a également précisé que l’enrôlement biométrique de la population, lancé il y a une dizaine de jours, ne concerne pas encore l’ensemble du corps électoral. A ce stade, 2,7 millions de personnes ont été enregistrées, alors que Madagascar compte environ 13 à 14 millions d’électeurs. La réforme électorale interviendra parallèlement à l’achèvement de cet enrôlement biométrique.
La ministre a enfin annoncé que les membres actuels de la Commission électorale nationale, seront remplacés. Elle les accuse d’avoir joué un rôle déterminant dans les fraudes électorales dénoncées à plusieurs reprises en 2018, 2020 et 2023, et d’avoir permis à certaines personnes de se présenter alors que ne disposant pas de la nationalité malgache.
« Ils ont outrepassé les règles et les lois électorales », a-t-elle insisté, ajoutant que des poursuites pénales pourraient être engagées à leur encontre.

N.A

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